Présidentielle 2027 : nouvelles attaques de désinformation contre Gabriel Attal
Sur le plan de la désinformation, la campagne présidentielle bat déjà son plein. Début août, de fausses informations avaient déjà circulé au sujet des candidats Edouard Philippe et Gabriel Attal et du probable candidat PS Raphaël Glucksmann. Le parquet de Paris a d’ailleurs lancé les 6 et 18 août derniers une enquête sur ces soupçons d’ingérence numérique russe.
Le candidat Renaissance semble être particulièrement visé puisqu’après ces deux attaques de début de mois, deux autres ont été repérées le 19 août, l’une évoquant son état de santé, l’autre annonçant qu’il avait été inculpé pour corruption. De fausses informations, bien entendu, mais qui détournent les Unes d’une dizaine de grands journaux français - dont Ouest-France - pour appuyer visuellement ses allégations. Dès le 20 août, Ouest-France a lancé une procédure juridique afin de dénoncer l’usurpation de son identité et de faire supprimer les posts en question du réseau social X (ex-Twitter).
Selon nos sources, l’implication de la Russie ne fait guère de doutes. Le « mode opératoire informationnel », c’est-à-dire la façon dont est produite et diffusée la fausse information, correspond en tous points à celui baptisé « Matriochka », bien connu des services de Viginum, l’organisme gouvernemental de détection des ingérences étrangères numériques du gouvernement, depuis plusieurs années. Lancement de la fausse information depuis un compte X récemment créé, gonflement artificiel par des robots de la visibilité du post, usurpation de médias français… Tout désigne une ingérence numérique russe. Ce « modus operandi » Matriochka agit sur les réseaux depuis septembre 2023.
Cette opération s’inscrit clairement dans la continuité des opérations informationnelles pro-russes qui ont ciblé plusieurs candidats à l’élection présidentielle de 2027 au cours des dernières semaines confirme un proche du dossier.
Reste que les « fake news » en question n’ont eu qu’une visibilité très faible. Le post a été vu « seulement » 150 000 fois et la quasi-totalité des interactions sont le fait de robots et non d’humains. L’un des comptes X dont émane la fake news reprenant la fausse Une de Ouest-France, par exemple, ne compte que… cinq abonnés. Nous ne reproduisons pas ici ce post afin, justement, de ne pas lui offrir de caisse de résonance.
L’objectif de ces campagnes est triple. En premier lieu, discréditer un candidat bien sûr. Mais également la campagne présidentielle de manière générale et donc encourager en creux l’abstention ou le vote blanc. Enfin, jeter le discrédit sur les médias français : si l’internaute croit la fausse Une, l’opération fonctionne, s’il ne la croit pas, cela risque d’altérer sa confiance dans le média. Dans les deux cas, l’attaque est gagnante.
Pour l’heure, malgré la multiplication des attaques numériques depuis les Municipales de 2026, aucune n’a réellement eu de visibilité ni d’impact réel avait rappelé Sébastien Lecornu dans une conférence de presse le 11 juin dernier, prophétisant une menace lourde sur l’élection présidentielle . C’est encore le cas pour ces campagnes estivales de désinformation.
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