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Nord : du sursis requis contre huit militants identitaires après l’irruption dans un meeting LFI

Ouest-France ·
Nord : du sursis requis contre huit militants identitaires après l’irruption dans un meeting LFI

Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis mercredi à Lille contre huit militants du mouvement identitaire « Nouvelle droite », jugés après avoir fait irruption en mars dans un meeting de campagne du maire LFI sortant de Faches-Thumesnil (Nord), Patrick Proisy, lors des municipales, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).

La procureure a requis 18 mois de prison avec sursis, avec exécution provisoire, assortis notamment d’une interdiction de paraître dans les réunions de partis politiques et l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté, estimant que les prévenus avaient « tout à apprendre des valeurs de la République ».

Elle a qualifié les faits de « niveau zéro » de l’action politique, dénonçant un mode d’action « violent, organisé et revendiqué ».

Cinq hommes et trois femmes, nés entre 1986 et 2003, étaient jugés par le tribunal correctionnel de Lille notamment pour violence sur un élu public, ou complicité, commise en réunion. Seuls trois d’entre eux étaient présents à l’audience.

Le 6 mars en début de soirée, une quinzaine de personnes, dont certaines avaient le visage dissimulé, avaient fait irruption dans la salle où se tenait le meeting de Patrick Proisy, alors maire de la plus grande ville tenue par LFI, mais qui n’a pas obtenu de second mandat.

Ils avaient interrompu l’intervention du député LFI Aurélien Le Coq, venu soutenir le candidat.

Les individus avaient brandi des pancartes comme « Justice pour Quentin », en référence au meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque en février à Lyon, « LFI hors de nos mairies » ou « Nouvelle Droite », a relaté la présidente à l’audience.

Placés devant l’estrade, ils avaient projeté de la peinture rouge censée symboliser du sang et enfariné le maire sortant avant de prendre la fuite en voiture.

Quatre d’entre eux ont été interpellés dans la foulée, quatre autres ultérieurement, notamment après avoir été identifiés sur des vidéos.

À la barre, un prévenu a expliqué que cette action visait à exprimer son « désaccord » avec le meurtre de Quentin Deranque.

Concernant l’enfarinage, une autre prévenue a reconnu que « ça pouvait être désagréable » , tout en assurant qu’il s’agissait d’ « une méthode politique ».

Aurélien Le Coq a estimé que ce type d’action représentait « un danger pour notre démocratie ». « Au-delà des militants politiques présents, il y a les autres, qui se demandent s’ils vont participer aux prochains événements, si c’est sécurisé », a-t-il déclaré.

Très ému à la barre, Patrick Proisy a décrit un événement « traumatisant ». « Généralement, ils viennent avec des pancartes. Là, ils sont passés à un degré supérieur », a-t-il ajouté.

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