Maubuisson : la naissance d'une forêt de 1 300 hectares aux portes de Paris
Depuis 2019, sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, dans le Val-d'Oise, on plante une forêt d'1,5 million d'arbres. Un projet qui ambitionne de répondre aux enjeux du changement climatique.
Sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, à vingt kilomètres au Nord-ouest de Paris, des arbres affleurent, encore tout petits, à l'abri dans leur gaine de protection. C'est ici, à cheval sur sept communes du Val-d'Oise, en pleine zone urbaine, et sur 1 340 hectares, que pousse lentement la future forêt de Maubuisson. 900 000 arbres ont été plantés depuis 2019. " Au départ, on parlait de 1 million d'arbres : finalement, ce sera 1,5 million" , détaille Philippe Rouleau, président du syndicat mixte d’aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (SMAPP) qui gère la forêt. " C’est d'autant plus symbolique avec l'été caniculaire de 2026 qu'on a vécu" .
Le site choisi pour ce projet forestier d’ampleur était autrefois une plaine d'épandage des eaux usées de Paris et de maraîchage. À partir des années 1990 cependant, des études sanitaires démontrent que les sols contiennent une teneur en métaux lourds supérieure aux seuils autorisés pour les cultures destinées à l’alimentation humaine. Cette pollution remet en question la pratique maraîchère sur le territoire. La plaine est laissée à l’abandon ; elle devient un lieu privilégié pour les dépôts sauvages.
Le site est dépollué petit à petit, à grands frais. 85 millions d'euros d’investissements publics et privés sont prévus pour ce projet d’aménagement, " dont certains disent que c'est le plus depuis Colbert, après la forêt des Landes" , se félicite l’actuel maire d’Herblay-sur-Seine, Philippe Rouleau. Pour renaturer ce site, des essences ont par ailleurs été choisies pour leur capacité à fixer les polluants dans le sol et éviter qu’ils ne migrent vers les nappes phréatiques.
Chêne sessile, érable plane, charme, orme, alisier torminal, cornouiller,… Sur la recommandation de l’Office National des Forêts Ouverture dans un nouvel onglet (ONF), autorité scientifique et technique du projet, les essences d’arbres - une trentaine - ont aussi été sélectionnées pour leur rusticité et leur adaptation au changement climatique. Cette diversité d’espèces permet d’éviter qu’une maladie ne décime le futur massif, comme c’est le cas actuellement en forêt de Montmorency, où la maladie de l’encre s’attaque aux châtaigniers.
Pas de monoculture donc, des espèces adaptées aux fortes chaleurs, mais aussi moins d'arbres résineux, comme les pins. " Les résineux brûlent vite, donc nous en avons mis moins. Nous tirons parti des enseignements tirés des feux passés dans la forêt des Landes" , indique le SMAPP.
Un changement de cadre de vie se profile pour la centaine de milliers d’habitants qui vont vivre à proximité du site, particulièrement pour ceux de Pierrelaye, qui accueille près de 70% de la future forêt. " Les gens vont avoir une autre vision de leur plaine ", se réjouit Éric Bosc, maire de Pierrelaye nouvellement élu. " La forêt va pousser en lisière de la ville, on pourra y aller la pied. Les gens pourront se promener en famille, faire du vélo, se rafraîchir.
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