Se renouveler pour que le monde ne meure pas
Le réflexe s’était ancré en moi comme une maladie longue s’installe dans le corps et le quotidien.
En langue comorienne, une expression existe pour ce stade de la maladie : on dit qu’elle a consumé notre ossature.
Ce qui avait imbibé ma charpente, c’était une impulsion, en soirée afterwork ou après une conférence : je déclinais mon identité, et si le regard se faisait insistant, je poursuivais avec mon métier gagne-pain ; si cela ne suffisait pas, je dégainais la flèche « écrivain » ou « romancière ».
Il faut savoir qu’après avoir fait régulariser mon séjour, j’ai dû recommencer à presque zéro, à 29 ans, en postulant pour un stage dans le domaine que j’avais étudié, payé la moitié d’un salaire, dont la rémunération partait tout entière dans les frais de garde pour mon enfant.
Mais j’étais si déterminée à donner une suite au diplôme que j’avais péniblement obtenu que cette marche supplémentaire ne me paraissait pas trop haute.
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