Guerre en Ukraine : ce que cache l'accord sur le diesel russe entre Donald Trump et Vladimir Poutine
"Je pense qu'il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président." Ces mots sont ceux du président américain lors d'une conférence de presse tenue samedi à la Maison-Blanche.
Ils marquent un tournant dans la relation, déjà fragile, entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.
Le premier est focalisé sur les élections de mi-mandat, qui auront lieu début novembre.
Les républicains sont donnés perdants dans de nombreux Etats clés, alors que le prix du diesel figure parmi les principaux thèmes de la campagne : comme l'a rappelé le New York Times , il atteignait ces derniers jours 6,28 dollars le gallon (un gallon vaut environ 4 litres, soit 1,48 euro le litre), contre 3,67 dollars l'an dernier à la même période.
L'accord signé vendredi prévoit que la Russie exporte dans l'immédiat 300 000 tonnes de diesel sur le marché américain et mondial - soit 2,5 millions de barils, l'équivalent de trois jours d'exportation russe en temps normal - puis 500 000 tonnes en novembre, et un million de tonnes juste après.
Sur son réseau social , Donald Trump s'est félicité : "Les prix du gazole pour les Américains (…) vont chuter de façon record et rapide !" L'efficacité réelle de la mesure est pourtant discutée.
"C'est du vent", écrivait sur X, samedi, Rory Johnston, spécialiste du marché pétrolier et fondateur du site CommodityContext.com.
Les raffineries sont largement perturbées par le blocage du détroit d'Ormuz et la guerre au Moyen-Orient, où sont engagés les Etats-Unis.
Au New York Times, Andrew Lipow, président d'une société de conseil en énergie, a déclaré que l'accord n'introduirait qu'une quantité "très faible" de diesel sur le marché au regard de la demande américaine.
Sentiment de trahison Les exportations russes d'énergie sont pourtant sous sanctions des Etats-Unis depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022.
Vendredi soir, Volodymyr Zelensky a réagi lors d'un échange avec plusieurs médias, qualifiant l'accord d'"injuste" et évoquant un sentiment de trahison : "Ce n’est certainement pas ainsi que des partenaires devraient se traiter." Selon une information du média spécialisé Axios , Donald Trump a signé l'accord avec Vladimir Poutine parce que le président ukrainien n'a pas respecté ses demandes d'arrêter de bombarder des raffineries russes.
"En continuant à frapper les raffineries, il sape la bonne entente qu'il a nouée avec Trump au cours des six derniers mois", a déclaré un responsable américain informé des négociations.
Donald Trump a accusé publiquement son homologue ukrainien de vouloir "créer des problèmes au monde".
Un positionnement qui divise au sein même des républicains.
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