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Céréales ukrainiennes: les attaques russes perturbent les exportations et inquiètent les marchés mondiaux

RFI ·
Céréales ukrainiennes: les attaques russes perturbent les exportations et inquiètent les marchés mondiaux

Le port ukrainien d’Izmaïl, sur le Danube, a été frappé par la Russie dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 août. Cette nouvelle attaque intervient alors que les infrastructures céréalières ukrainiennes sont régulièrement ciblées et que l’Ukraine riposte en visant notamment le port russe de Novorossiïsk, en mer Noire. Conséquence : les deux grands fournisseurs mondiaux de blé et de maïs voient leurs capacités d’exportation fragilisées, faisant craindre des tensions sur les prix et l’approvisionnement, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

Le port ukrainien d’Izmaïl est une plaque tournante des exportations ukrainiennes de céréales . Situé sur le Danube, il constitue l’une des principales alternatives aux ports de la mer Noire pour faire sortir les productions agricoles du pays. Sa mise sous pression est donc particulièrement préoccupante pour les agriculteurs ukrainiens.

Ces dernières semaines, plusieurs infrastructures portuaires ukrainiennes ont été touchées par des frappes russes . Mais l’armée ukrainienne répond également en visant des infrastructures russes. Le grand port de Novorossiïsk, l’un des principaux ports céréaliers de Russie sur la mer Noire, a notamment été frappé. Simultanément, deux des principaux fournisseurs de blé et de maïs de la planète peinent donc à exporter.

Un chiffre permet de mesurer l’ampleur du phénomène. Les exportations de céréales ukrainiennes ont chuté de 76% au cours des deux premières semaines d’août par rapport à la même période l’année dernière - qui est cruciale pour l’Ukraine.

Et alors que la récolte de blé bat son plein, que les silos commencent à se remplir, faute de pouvoir évacuer leur production en raison des destructions russes, certains agriculteurs sont, eux, contraints de la vendre à perte. Le problème ne concerne donc pas seulement les ports ou les exportateurs. Il menace aussi directement les exploitations agricoles ukrainiennes, qui ont besoin des revenus tirés de leurs récoltes pour financer leur activité et préparer les prochaines saisons.

À l’échelle mondiale, pourquoi une perturbation des exportations dans cette région du monde est-elle susceptible d’avoir des conséquences aussi importantes ? Après tout, des céréales sont produites sur tous les continents. Le problème est que le marché mondial des céréales fonctionne avec de très gros volumes et des équilibres relativement fragiles. Lorsque l’on retire brutalement une partie des exportations russes et ukrainiennes, les quantités disponibles sur le marché diminuent. Les acheteurs doivent alors se tourner vers d’autres fournisseurs, dans d’autres régions du monde, comme les États-Unis.

Cette réorientation des flux entraîne mécaniquement une hausse des coûts de transport et peut contribuer à faire progresser les prix. Les marchés ont d’ailleurs commencé à réagir. Après les dernières frappes, le blé a progressé de 3,65% à la Bourse de Chicago, tandis que le maïs a également bondi.

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