Incendie en Gironde : « Le Porge n’a pas été abandonné », répète le chef des pompiers
La commune du Porge, qui a payé le plus lourd tribut au mégafeu de Gironde fin juillet, n’a pas « été abandonnée » a répété mardi, chiffres à l’appui, le patron départemental des pompiers lors d’un point-presse consacré au bilan de « la gestion de l’incendie », rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
Avec 42 000 hectares parcourus, cet incendie fixé le 1er août est le plus grand en superficie en France depuis 1949. Il a détruit 250 maisons, dont plus de 180 dans cette commune littorale, où vivent 3 500 habitants.
Dans cette bourgade populaire, de nombreux habitants accusent les autorités d’avoir sacrifié leurs maisons pour protéger la presqu’île voisine et très huppée du Cap Ferret.
« La commune du Porge n’a pas été abandonnée […] La montée en puissance du dispositif s’est toujours faite de manière complémentaire », a affirmé le responsable des pompiers girondins, Marc Vermeulen, lors d’une conférence intitulée « Retour d’expérience de la gestion de l’incendie ».
« Il n’y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu », avait-il déjà assuré à Sud Ouest début août, rejetant la polémique d’un « abandon du Porge ».
Selon la chronologie des moyens déployés réalisée par les autorités et distribuée à la presse mardi, il y a toujours eu plus d’engins incendie engagés au Porge que dans la commune voisine de Lège-Cap-Ferret durant les 48 premières heures, dévastatrices, de l’incendie.
« Le maître-mot c’est la transparence, c’est apporter les réponses sur cette première chronologie », a ajouté Marc Vermeulen, aux côtés de la préfète de Gironde Sophie Brocas, qui doit se rendre mercredi dans la commune, à la rencontre des habitants.
En visite la semaine dernière en Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait réclamé aux autorités locales la tenue de réunions avec la population « pour expliquer ce qui s’est passé minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait ».
« Le Porge a vraiment été l’épicentre du phénomène, puisqu’en fait le feu est passé trois fois », a expliqué Marc Vermeulen, avant de détailler les différentes « phases » de l’incendie.
« On a été confronté à des feux différents », passant d’un feu « très vif » avec de « nombreuses sautes » durant les premières heures le mercredi, à « une bascule » vers « un mégafeu » le lendemain, puis à « une autre bascule, inconnue jusque-là en France, avec la création du fameux pyrocumulonimbus », d’une « puissance phénoménale », brûlant 150 maisons au Porge le vendredi après-midi.
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