Économie. Shein, Temu... La taxe européenne sur les petits colis chinois a-t-elle produit ses effets ?
Depuis le 1er juillet, les paquets d’une valeur inférieure à 150 euros importés dans l’Union européenne sont soumis à une taxe de trois euros par type de produit. Le résultat a été immédiat : les importations ont sensiblement baissé dans l’UE, selon les douanes françaises.
L’Europe en passe de remporter la bataille contre les géants du commerce en ligne ? Depuis le 1er juillet, une taxe européenne s’applique sur les petits colis , en provenance très majoritairement de Chine. Et les résultats sont spectaculaires : la chute des importations oscille entre 30 % à 40 % dans l’Union européenne (UE), selon des chiffres des douanes françaises ce jeudi. Un constat corroboré par une récente étude de Joko, révélée par Le Figaro , selon laquelle les ventes en volume des géants chinois ont nettement reculé en juillet : -50 % pour Temu entre juin et juillet, - 43 % pour DHGate, - 37 % chez Aliexpress et - 15 % du côté de Shein.
« Face à la Chine, il n’y a pas de fatalité », commente le ministre de l’Économie, Roland Lescure , se réjouissant des effets de ce dispositif qui vise les grandes plateformes de vente en ligne asiatiques. « Si on met en place les bonnes politiques publiques, on peut gagner, on va gagner », assure le locataire de Bercy. Avant de concéder : « On s’est battus il y a à peu près un an pour introduire une taxe sur les petits colis, au niveau français, ça n’a pas marché, ça a été contourné. »
Pour contourner cette taxe française , les plateformes envoyaient leurs colis dans des pays frontaliers puis les acheminaient par voie routière. La France a alors changé de stratégie et suspendu sa taxe au nom de l’harmonisation européenne. Depuis le 1er juillet, les paquets d’une valeur inférieure à 150 euros importés dans l’UE, jusqu’ici exemptés de droits de douane, sont donc soumis à une taxe européenne de trois euros par type de produit.
En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés sur le marché européen en 2025, soit plus de 180 chaque seconde. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine. Néfastes pour le commerce traditionnel et l’environnement, ces produits peuvent s’avérer également dangereux car souvent ils ne respectent pas les normes européennes.
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