Umberto Eco, un intellectuel hors limites 2/5 : Un homme de la limite
En 1952, Umberto Eco découvre Paris et Sylvie de Nerval, un texte qui continue de le fasciner. Il revient aussi sur ses romans, la place des femmes dans son écriture et son goût pour les situations de limite, entre ironie, philosophie et sémiotique.
En 1952, alors qu'il a vingt ans, Umberto Eco découvre Paris. C'est son premier voyage à l'étranger et il s'étonne de voir tant de voyageurs lire dans le métro. Il s'achète alors Sylvie de Gérard de Nerval pour pouvoir, lui aussi, lire pendant ses trajets.
Ce livre devient l'un de ses ouvrages de référence. Il s'en sert dans ses cours pour éclairer aussi bien les questions d'esthétique que de linguistique. À chaque relecture, il en découvre de nouvelles facettes et retombe sous le charme de Sylvie et de l'œuvre de Nerval. Car, contrairement à Proust, Nerval ne parvient pas à résoudre la question du rapport au passé. C'est sans doute ce qui explique que ce récit conserve une grande part de mystère.
Eco revient également sur la place des femmes dans son œuvre romanesque. Le nom de la rose se déroule dans un monastère et L'Île du jour d'avant sur un bateau désert ; "je ne pouvais y mettre des femmes" , explique-t-il. En revanche, dans Le Pendule de Foucault , les personnages féminins occupent une place essentielle.
Il s'interroge enfin sur sa manière de toujours évoluer à la limite de quelque chose : entre le tolérable et l'intolérable, entre la philosophie et la sémiotique. L'ironie, qu'il aime manier, illustre elle aussi cette recherche de la limite.
Une série d'entretiens proposée par Francesca Piolot. Réalisation : Nicole Salerne.
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