Présidentielle 2027 : à La Réunion, Edouard Philippe veut compter ses forces et des ralliements
Il y était venu écouter et observer . Et selon ses mots, découvrir les aspirations d’un pays, ses angoisses . C’était en février 2024. Edouard Philippe préparait alors sa candidature à la présidentielle de 2027. À huit mois du premier tour, le maire du Havre revient à La Réunion avec le statut de candidat le mieux placé du bloc central.
À ses yeux, La Réunion fait figure de territoire stratégique. D’abord parce que c’est le plus peuplé (plus de 911 000 habitants) des Outre-mer, avec donc le plus d’inscrits sur les listes électorales. Ensuite parce que le Normand, qui a maintenu les contacts noués il y a deux ans et demi, sait qu’il existe un réservoir de voix important, non seulement au sein d’un électorat de droite et du centre, mais aussi chez les abstentionnistes.
Selon son entourage, Edouard Philippe entend mettre en œuvre une mécanique de rassemblement . Un copier-coller de sa stratégie nationale visant à imposer son leadership au sein d’un espace politique allant de la droite conservatrice à la gauche sociale-démocrate. Une union indispensable, théorise Edouard Philippe afin d’éviter ce qu’il qualifie de duel mortifère entre les deux extrêmes , Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon.
À La Réunion, comme tout candidat, l’ancien Premier ministre veut s’emparer des grands enjeux incontournables de l’île : le développement économique et l’emploi, alors que le taux de chômage est plus de deux fois supérieur à celui de l’Hexagone (18 %) ; l’attente de 53 000 familles pour un logement social ; la sécheresse ; la transition écologique ; l’agriculture ; et le dossier qui inquiète le plus les responsables publics, la lutte contre le narcotrafic en pleine recrudescence.
En sillonnant l’île et en déclinant les thématiques, Edouard Philippe a surtout prévu de passer beaucoup de temps avec les élus locaux afin d’obtenir des ralliements. Présent à La Réunion, Horizons ne compte pour l’instant ni élus de premier plan ni solide implantation. L’objectif est de réaliser un maillage territorial avec des comités présents dans les vingt-quatre communes , dévoile un des cadres nationaux du parti. Pour commencer, Edouard Philippe a organisé un dîner, dimanche, où ont été conviés le maire LR de Saint-Pierre, David Lorion, la sénatrice LR Viviane Malet, le centriste et président de l’association des maires de La Réunion Serge Hoarau, ainsi que d’autres maires du sud du département.
Edouard Philippe ne cache pas non plus qu’il entretient de très bonnes relations avec Cyrille Melchior, le président du conseil départemental, qu’il aimerait voir le rejoindre en tête d’affiche, avec une annonce officielle à l’issue de ce déplacement. Si Cyrille Melchior a récemment repris sa carte chez Les Républicains, il est aussi celui qui a créé Nouvel R’ , un parti visant à unifier la droite et le centre à La Réunion.
Ce travail de rassemblement s’opère dans un contexte de profondes et vieilles divisions des droites locales, accentuées par la disparition fin mars 2025 de Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre et puissant patron de LR à La Réunion.
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