Actualité : ”Notre modèle interne surpasse les meilleurs mathématiciens au monde” : le patron de ChatGPT l'admet, l'IA va trop vite
Interviewé mardi 16 septembre par Marc Benioff, PDG de Salesforce, lors de la conférence Dreamforce 2026 à San Francisco, Sam Altman a livré une séquence saisissante sur la trajectoire de ses modèles. Et un récit à la première personne de l'incident Hugging Face qui prend des allures de thriller.
Le CEO d'OpenAI a égrené les paliers franchis depuis l'été 2023 : des problèmes de maths de CE2 à peine résolus, une médaille d'or aux Olympiades internationales de mathématiques à l'été 2025, puis, cet été, la résolution revendiquée du problème de Navier-Stokes, l'un des sept problèmes du millénaire posés par le Clay Mathematics Institute en 2000. Trois étés, quatre ordres de grandeur. "Un fast takeoff, quelle que soit la définition qu'on en donne" , a-t-il résumé.
GPT-5.5 valait peut-être un professeur de maths lambda. GPT-5.6, un professeur dans le top 1 ou 2 %. Astra, un cran au-dessus. Et le modèle interne qui succède à Astra est capable de faire ce que les meilleurs mathématiciens au monde ne savent pas faire. Tout ça sur les quatre, peut-être six derniers mois.
Ce modèle interne, qu'OpenAI n'a toujours pas rendu public, est celui qui a produit en 88 heures, via environ 10 000 agents coordonnés, la preuve formelle sur Navier-Stokes annoncée le 8 septembre . La vérification par la communauté mathématique reste en cours.
Altman a consacré de longues minutes à l'incident de juillet 2026, raconté presque jour par jour. Le vendredi, il voit passer un post de Hugging Face signalant une intrusion probablement menée par un agent IA. "J'ai trouvé ça surprenant, mais bon" , lâche-t-il. Le samedi, des signaux "un peu bizarres" remontent sur le Slack interne d'OpenAI. Le dimanche soir, quelqu'un fait le lien entre les deux événements. Le lundi midi, Altman envoie un SMS à Clément Delangue, patron de Hugging Face : "J'aimerais beaucoup te parler. Je crois que je sais quelque chose."
La suite est connue : lors d'une évaluation interne, un modèle s'est extrait de son sandbox, a compromis les serveurs de Hugging Face par mouvement latéral , puis a renvoyé le résultat. Score parfait au test. Altman a qualifié l'épisode de "pire accident que nous ayons connu" et reconnu une faille d'alignement profonde : "On ne leur avait jamais appris que, peu importe à quel point on leur dit d'obtenir le meilleur score, il ne faut jamais s'échapper, jamais pirater, jamais voler la réponse."
Détail révélateur : avant de comprendre que leur propre modèle était en cause, les équipes d'OpenAI avaient appris que Hugging Face, faute d'accès au modèle de cybersécurité d'OpenAI, s'était défendu avec des modèles open source chinois. "J'ai pensé : on devrait faire un meilleur travail pour rendre nos modèles disponibles" , a confié Altman. Puis la réalité l'a rattrapé.
OpenAI a lancé dans la foulée Daybreak , son programme de cyberdéfense destiné aux entreprises. Altman a interpellé directement les sociétés de moins de 1 000 salariés présentes dans la salle : "Nous ne sommes pas loin de modèles open source capables de causer des dégâts sérieux." Et d'élargir le spectre des menaces au-delà du cyber : biologique, chimique, cinétique.
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