Le Galaxy Z Fold 8 cartonne : Samsung est obligé de piocher dans les pièces de ses autres smartphones
Fin 2024, Samsung taillait dans ses plans de production de pliables faute d’acheteurs. Cet été, le Galaxy Z Fold 8 se vend si vite que le constructeur pillerait ses réserves de puces prévues pour l’an prochain.
Le pliable a longtemps eu la réputation d’un produit de niche, joli en vitrine et rare dans les poches, et Samsung lui-même a semblé y croire à moitié. Fin 2024, après des Galaxy Z Fold 6 et Z Flip 6 vendus en deçà des attentes, la presse coréenne rapportait que le groupe réduisait de près de 40 % le volume prévu pour la génération suivante, à quelque 5 millions d’unités pour les Fold 7 et Flip 7 réunis. Le Galaxy Z Fold 8 et son nouveau format « passeport » (plus large, plus proche d’un carnet que d’une télécommande) viennent de renverser la table. Ils se vendent plus vite que Samsung ne sait les assembler, au point qu’une puce discrète, logée au bord de l’écran, est devenue le sujet de conversation des usines.
Zoomons sur les chiffres de précommandes pour prendre la mesure du problème : en Corée du Sud, les Fold 8, Fold 8 Ultra et Flip 8 ont totalisé 1,44 million de précommandes en sept jours , du 28 juillet au 3 août. Le record précédent, celui du Galaxy Note 10 (1,38 million en 2019, et sur onze jours), tombe, tout comme celui du Galaxy S26 du début d’année. Les Fold 7 et Flip 7 plafonnaient à 1,04 million l’an dernier. En Europe, Samsung avance un précédent record de précommandes battu de plus de 17 %, avec un Fold 8 qui capte à lui seul 40 % des commandes (trois modèles au lieu de deux, une partie de la hausse était mécanique). Le constructeur annonce aussi 30 % de précommandes mondiales de plus que sur la génération précédente, tandis qu’aux États-Unis certaines versions sont tombées en rupture dès les premiers jours et que les nouvelles commandes ont glissé vers fin août, septembre, voire octobre. Le groupe aurait dans la foulée commandé un million de Fold 8 supplémentaires à ses fournisseurs, pour porter le plan de 2,8 à environ 3,8 millions d’unités.
Le goulot d’étranglement, lui, tient dans un composant que personne ne regarde sur une fiche technique : la puce de pilotage d’écran, le DDI dans le jargon. Ce composant joue les chefs d’orchestre et indique à chacun des pixels de la dalle OLED quand s’allumer et avec quelle intensité. Samsung en conçoit le plan dans sa division System LSI, mais la gravure est confiée au taïwanais UMC, sur un procédé à 22 nanomètres dont les lignes tournent déjà à plein pour d’autres productions. Le fabricant coréen aurait réclamé un « super hot run » , l’équivalent d’une file prioritaire en usine, et UMC aurait répondu qu’accélérer sans bousculer les autres productions serait difficile. Contrairement à une puce de mémoire vive, interchangeable d’un modèle à l’autre, ce DDI est taillé sur mesure pour l’écran du Fold 8, sans substitut possible. Un cycle de production classique réclamerait par ailleurs environ quatre mois avant de pouvoir marier la puce à sa dalle.
D’où la solution de fortune évoquée par des sources industrielles coréennes : Samsung puiserait dans des réserves de DDI constituées pour l’an prochain.
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