Sciences. Pourquoi la Nasa a-t-elle envoyé plus de 3 000 abeilles dans l'espace ?
En 1984, la Nasa envoyait une colonie d'abeilles en orbite afin de tester leurs capacités en l'absence de gravité. Une expérience qui prend une importance nouvelle à l'heure où les projets de colonisation extra-terrestres refont surface.
On connaît tous l'histoire de Laïka, cette chienne du programme spatial soviétique, premier être vivant mis en orbite autour de la Terre, en 1957. Mais au fil des décennies, de nombreuses espèces d'animaux ont été envoyées dans l'espace : singes, chats, souris, lapins, mouches, grenouilles ou encore... abeilles.
Lors de la mission STS-41-C d'avril 1984, la navette Challenger a en effet embarqué une colonie de 3 300 ouvrières et leur reine, avec de quoi se nourrir pendant une semaine. C'est le magazine Science et vie qui a retracé, dans un article paru il y a quelques jours , cette extraordinaire aventure initiée par la Nasa.
L'idée a été soufflée à l'agence spatiale américaine par un lycéen du Tennessee, Daniel Poskevich, qui s'interrogeait sur la manière dont les abeilles allaient pouvoir maintenir la forme habituelle de leurs ruches (avec rayons et alvéoles hexagonales) en l'absence de gravité et de repères spatiaux.
Dans un premier temps, les abeilles semblaient perdues et, sans pesanteur pour indiquer le haut et le bas, s'agitaient en vain, heurtant régulièrement le sommet de la boîte. Il leur a fallu une semaine pour se déplacer "normalement".
Au septième jour de vol, les insectes ont réussi à bâtir un rayon de cire d'environ 200 centimètres carrés, dont la géométrie était identique à celle des ruches terrestres (avec, cependant, des alvéoles au diamètre plus réduit et des parois plus épaisses) : les abeilles ont donc conservé leurs capacités et leurs routines malgré un changement radical d'environnement.
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La reine a en revanche eu plus de mal à maintenir son rythme habituel : elle n'a pondu qu'environ 35 oeufs, dont aucun n'a éclos, contre une centaine par semaine en temps normal. Mais il est possible que le délai d'adaptation et le stress lié au lancement aient plus joué que l'absence de gravité.
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