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Une mission à 26 millions d’euros : comment le sauvetage de ce télescope spatial a viré au cauchemar

Ouest-France ·
Une mission à 26 millions d’euros : comment le sauvetage de ce télescope spatial a viré au cauchemar

Il a quelques kilomètres au compteur depuis son lancement en 2004. Le télescope spatial Neil Gehrels Swift Observatory, abrégé en Swift, étudie depuis plus de vingt ans les sursauts gamma. Ces phénomènes hyper énergétiques , des bouffées constituées de photons, naissent de la collision d’astres très compacts, comme une étoile à neutron et un trou noir.

Placé en orbite basse, à 600 km d’altitude et sans propulsion propre, Swift était fatalement voué à sombrer et terminer dans les flammes en rentrant progressivement dans l’atmosphère. Début 2025, les prévisions étaient pessimistes à court terme pour ce télescope qui avait coûté 250 millions de dollars (217 millions d’euros).

Lire aussi : En un an, le télescope spatial franco-chinois SVOM a détecté 285 cataclysmes cosmiques

Si la mission était, à l’origine, prévue pour durer deux ans, force est de constater que le vétéran donne encore aujourd’hui pas mal de grain à moudre aux équipes de chercheurs en astrophysique, en raison notamment de la grande réactivité de ses trois télescopes. Sans remplaçant américain pour prendre immédiatement la suite, les équipes de la Nasa ont donc mis sur les rails une périlleuse mission de sauvetage de Swift. Pour ne pas avoir à se reposer uniquement sur le télescope spatial franco-chinois Svom , lancé en juin 2024.

Développée avec la start-up américaine Katalyst Space, la mission du robot Link est de corriger la trajectoire de ce précieux équipement. Le plan : après une mise sur orbite proche de celle de Swift, le robot doit rejoindre le télescope, le contourner et s’y agripper à l’aide de trois bras mobiles avant de le propulser 300 km plus haut, sur son orbite initiale. Pour continuer sa mission pendant encore des années.

Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la Nasa, se réjouissait avant le départ de cette « succession de premières jamais réalisées » qui pourraient ouvrir des opportunités dans la gestion des appareils spatiaux en orbite. Ses chances de réussite « sont peut-être d’une sur deux » , reconnaissait alors Regina Caputo, responsable du suivi scientifique de Swift.

Lire aussi : Pourquoi l’activité du trou noir central de notre galaxie est-elle étrangement faible ?

Mais la mission de sauvetage à 30 millions de dollars (26 millions d’euros), lancée le 3 juillet 2026, ne se passe pas exactement comme l’aurait souhaité l’agence spatiale américaine. Fin juillet, la Nasa perd subitement le contact avec son robot. Link part dans une rotation incontrôlée qui perturbe ses communications. Une réinitialisation automatique en cas de silence prolongé de l’appareil pendant 24 heures relance l’espoir. Mais une surchauffe électrique endommage des systèmes précieux : deux des trois roues de réaction, ces volants d’inertie qui orientent l’appareil, sont hors service.

Le système de propulsion à gaz froid (utile pour de petites corrections de trajectoire ou de vitesse) perd, lui, une partie de sa poussée. Link continue de faire la toupie en orbite. Mais tout ne semble pas perdu. Tous les algorithmes de contrôle sont reprogrammés.

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