Marseille : un campus de 111 millions d'euros dédié à l’intelligence artificielle ouvrira en 2029
Christophe Van Veen Publié le vendredi 9 octobre 2026 à 15h31 Mis à jour le vendredi 9 octobre 2026 à 16h57
Marseille veut prendre sa place dans la course à l’intelligence artificielle. La première pierre du projet "Theodora" a été posée ce vendredi 9 octobre boulevard du Capitaine Gèze (13e arrondissement).
D'ici fin 2029, sur deux hectares en plein cœur de la ville, va éclore un site unique en France grâce à un investissement privé de 111 millions d'euros . Dans le projet "Theodora", on trouvera des logements d'ingénieurs en IA, un bâtiment de 5.000 m² pour les former, un data center destiné à héberger des données sensibles, un showroom d'applications de l'IA ainsi que les bureaux de la société. Quant aux bâtiments ultra-modernes, ils vont marquer le quartier en plein chantier, car ils sont signés du Marseillais Roland Carta qui a réalisé la Cité scolaire internationale de Marseille.
"L'intelligence artificielle doit devenir une affaire marseillaise" , clame Kevin Polizzi, le patron d'Unitel à l'origine du projet "Theodora" qui va héberger et accompagner les futurs cracks de l'IA. " Marseille est depuis toujours un carrefour. Aujourd'hui, 19 câbles sous-marins relient le monde entier et Marseille n'en profite pas, l'emploi n'en profite pas ".
Comme un symptôme de la perte de souveraineté numérique, les centres de données poussent comme des champignons à Marseille et ses alentours... " et ils ne sont pas français. C'est notre malheur et cela s'explique : le secteur était sous les radars pendant 20 ans ". Theodora ambitionne de rattraper le retard : " On aura ici une offre européenne qui va nous permettre d'héberger des données sensibles, par exemple sur la santé. C'était réservé au monde anglo-saxon tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'offre alternative ! "
Theodora est ouvert à tous, insiste son promoteur. " Marseille est une ville qui a beaucoup souffert. Cela fait partie de son histoire, mais justement l'IA est un levier de croissance. Des gens qui n'ont pas fait de grandes études peuvent réussir de grandes choses si on leur met un agent IA adapté. Ce petit côté malin des Marseillais est quand même largement tourné vers le futur ".
D'après Kevin Polizzi, ce qui manque encore à Marseille pour faire décoller l'IA, c’est une vision politique d'avenir. Il interpelle les élus locaux qui pourraient s'appuyer plus sur l'intelligence artificielle : " On est à un moment où on essaie de restructurer le budget de la Métropole Aix-Marseille. Il existe des optimisations sur tous les sujets. Je pense au convoyage des déchets, au recyclage, à la mobilité, etc... " D'où son message : " Travaillons de concert ! Arrêtons les vieilles recettes ! Arrêtons de se mettre des freins intellectuels ! Non, il faut qu'on soit tous ensemble sur la ligne de départ ".
Dans un communiqué, l'écologiste Sébastien Barles dénonce " une fuite en avant vers le chimérique avenir radieux de l’intelligence artificielle ".
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