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ENTRETIEN. « J’avais deux vies entre les mains » : Blandine L’hirondel, passion ultra-trail, profession gynécologue

Ouest-France ·
ENTRETIEN. « J’avais deux vies entre les mains » : Blandine L’hirondel, passion ultra-trail, profession gynécologue

La question a traversé son esprit après la Diagonale des Fous, en octobre 2026. Elle venait de remporter l’une des courses les plus mythiques du calendrier d’ultra-trail et s’est dit qu’il était peut-être temps de raccrocher. De mettre un terme à sa carrière de haut niveau, dans ce si beau décor qu’offre l’île de la Réunion, où elle s’était installée à la sortie des études.

« Je voulais faire une belle histoire en finissant là où ça avait commencé et ne pas terminer sur un échec », décrivait-elle, lors de notre entretien en décembre 2025. Sauf que la gloire était trop forte pour ne pas prolonger le plaisir. Mettre un point final dans la foulée de « la plus belle course de (sa) vie » était devenu un crève-cœur alors elle est repartie. Passionnée par tout ce qu’elle fait, la Normande n’avait pas dit son dernier mot dans l’ultra-trail. Cette discipline qu’elle raconte encore avec émerveillement. Et le succès a été au rendez-vous pour la Normande, victorieuse 10 mois plus tard du mythique Ultra-trail du Mont-Blanc.

Vous avez quitté très tôt votre Normandie natale, d’abord pour La Réunion, ensuite pour un coin des Pyrénées. C’était pour vous une nécessité ?

Pour tout vous dire, je ne connaissais même pas le trail quand j’ai quitté la Normandie. Je n’avais aucune notion de ce que c’était. Je faisais un peu de course à pied, mais je n’étais pas sportive. Je faisais de la danse ou de la gymnastique. Je suis parti pour découvrir autre chose. J’ai fait mes études de gynécologue à La Réunion. Quand je suis revenue en métropole, j’avais du mal à quitter les montagnes, même si j’avais plutôt été bercé par les vagues pendant mon enfance.

Quel a été le déclic pour que vous arriviez dans le trail et l’ultra-trail ?

J’ai toujours aimé la montagne. Forcément, à La Réunion, je voulais faire le plus de randonnée possible parce que cela s’y prête. J’ai commencé à faire des randos, des bivouacs avec des amis. Et sur les chemins, je voyais des gens courir en montée et en descente. Je voulais faire pareil en me disant que plus vite je me déplaçais, plus je verrais de paysages. Ça a commencé comme ça. J’ai très vite rejoint une association, j’ai découvert qu’il existait des compétitions, auxquelles j’ai participé. Dès que j’ai accroché mes premiers dossards, vers l’âge de 26-27 ans, j’ai obtenu des résultats. Et quand on a de la compétence dans un domaine, on y prend vite du plaisir....

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