C'est le pays qui vend la pizza la moins chère du monde et qui compte 41 millions d'enfants en surpoids: l'Inde veut interdire les vendeurs de malbouffe à moins de 50 mètres des écoles
Face à l’explosion de l’obésité infantile, l’Inde veut limiter la vente de produits trop gras, trop salés ou trop sucrés autour de ses 1,5 million d’écoles. Un tournant dans un pays où les géants de l’agroalimentaire ont multiplié les produits à très bas prix, jusqu’à la pizza Domino’s à 45 centimes, présentée comme la moins chère au monde. L’Inde veut éloigner chips, sodas, pizzas et autres aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés des écoliers. Le pays se rapproche de l'adoption d'une réglementation qui limiterait fortement la vente et la publicité de ces produits dans un rayon de 50 mètres autour des établissements scolaires.
Une mesure potentiellement gigantesque car l’Inde compte environ 1,5 million d’écoles, soit le plus vaste réseau scolaire de la planète. Épiceries familiales, vendeurs de rue, restaurants ou petits stands installés à proximité seraient concernés dès lors qu'ils proposent des produits dépassant certains seuils de matières grasses, de sel ou de sucre.
Sodas, chips, confiseries, mais aussi samoussas, pizzas ou hamburgers pourraient ainsi tomber sous le coup des restrictions. L'Autorité indienne de sécurité et de normalisation des aliments (FSSAI) a publié en août les seuils nutritionnels qui permettraient de déterminer quels produits sont concernés et a ouvert une consultation publique jusqu'au 6 octobre.
Le projet fédéral prévoit notamment d'empêcher les commerces situés à proximité des écoles de vendre ou de faire la publicité de ces produits auprès des écoliers. Il n'existe toutefois pas encore de calendrier précis pour l'entrée en vigueur de cette réglementation, dont le principe avait été proposé dès 2020.
Certains États indiens ont déjà décidé d'aller plus loin. Le Maharashtra, l'État de Mumbai, interdit aux commerces situés à moins de 50 mètres d'une école de vendre les produits concernés, quel que soit l'acheteur.
Une règle beaucoup plus simple à contrôler que l'interdiction de vendre uniquement aux enfants.
Les contrôles ont déjà commencé. Selon des données consultées par Reuters, les inspecteurs ont constaté des infractions dans 133 commerces situés à moins de 50 mètres d'établissements scolaires et 51 ont reçu l'ordre de cesser leur activité.
L'objectif du gouvernement est également de pousser l'industrie agroalimentaire à modifier ses produits. Les commerçants pourront continuer à vendre des aliments qui ne dépassent pas les seuils fixés par les autorités.
Cette offensive répond surtout à une évolution spectaculaire de l'alimentation et de la santé des jeunes Indiens.
Le nombre d'enfants et d'adolescents indiens âgés de 5 à 19 ans considérés comme étant en surpoids ou obèses est passé de 28 millions en 2015 à 41 millions en 2025, soit une hausse de près de 50% en seulement 10 ans, selon les données de la Fédération mondiale de l'obésité, une ONG internationale spécialisée dans la lutte contre l’obésité. Et la tendance pourrait encore s'aggraver: ils pourraient être 56 millions en 2040.
Dans le même temps, les habitudes alimentaires ont profondément évolué. Les aliments industriels bon marché occupent une place croissante dans le quotidien des familles.
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