« Une honte » : un Guinéen de 21 ans meurt d’un cancer sans avoir pu revoir sa famille, faute de visas
Un Guinéen de 21 ans, qui souhaitait revoir sa famille avant de mourir, a finalement été emporté par le cancer dont il souffrait, samedi 19 septembre 2026 en Île-de-France. Visé par une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), il n’aura pas pu voir son dernier souhait exaucé, rapporte France 3 Paris-Ile-de-France .
Son avocate, Louise Alwena Hubert, a annoncé son décès dans un communiqué publié sur Instagram. « C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons le décès du jeune » . C’est elle qui l’accompagnait depuis plusieurs mois dans ses démarches auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis.
Une publication partagée par Louise Alwena Hubert | Avocate (@hbrt_avocate)
Arrivé en France à 16 ans et pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, le jeune homme avait appris à 19 ans qu’il souffrait d’un cancer du côlon incurable. Alors qu’il se trouvait en soins palliatifs à l’hôpital, il avait émis un dernier souhait : faire venir de Conakry ses parents, son frère et sa sœur.
Pour cela, sa famille devait obtenir en urgence un visa temporaire. Une démarche compliquée alors que le jeune homme était sous le coup d’une OQTF. La préfecture lui reprochait de ne pas avoir « justifié du suivi d’une formation d’au moins six mois destinée à lui apporter une qualification professionnelle » . Son avocate avait dénoncé une situation incompréhensible, puisqu’il était alors hospitalisé. « L’ensemble des pièces médicales figurait pourtant au dossier […] communiqué à la préfecture » , s’était-elle indignée au micro de France 3 .
En médiatisant son histoire sur les réseaux sociaux, Louise Alwena Hubert avait tenté de mobiliser autour de son cas, encourageant notamment chacun à interpeller les responsables politiques. Elle avait également engagé plusieurs recours, en vain.
« Notre mobilisation avait pour but de permettre la venue de sa famille. Cet objectif n’a malheureusement plus lieu d’être aujourd’hui, nous souhaitons désormais qu’il repose en paix » , écrit-elle dans un communiqué rédigé avec l’Association des jeunes Guinéens de France.
Contactée par nos confrères, l’avocate a fait part de « son immense colère » . « C’est vraiment une honte » , a-t-elle déclaré. La préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pour l’heure, pas répondu aux sollicitations de la chaîne régionale.
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