Mauvais résultats des élèves français aux tests Pisa : nos lecteurs distribuent les bonnets d’âne
Peut mieux faire ! Les résultats médiocres et en chute libre des écoliers français en maths et en compréhension de l’écrit, révélés la semaine dernière par l’étude internationale Pisa, ont mis nos lecteurs en ébullition (mais pas nos lectrices, curieusement). Parmi notre communauté de contributeurs, plusieurs écoles se dessinent.
D’abord ceux qui désignent le smartphone et la tablette comme principaux responsables. Ce que Michel Le Borgne, lecteur d’Eure-et-Loir, surnomme « la numérisation des modes de vie et de pensée » . « Si cela affecte chacun, nos têtes blondes, dont le cerveau est en phase de construction, subissent des altérations cognitives dommageables » , écrit-il, évoquant « la dispersion de l’attention et le déclin de l’effort » . Claude Gisselbrecht (Ille-et-Vilaine) enfonce la plume en pointant « un manque de curiosité flagrant et une paresse intellectuelle en constante augmentation » .
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Pour d’autres, le bonnet d’âne revient aux politiques éducatives successives. « L’accumulation de réformes non évaluées, s’attaquant aux curseurs plutôt qu’aux lignes du système éducatif, a donné le tournis aux personnels. Le système éducatif au final bouge peu et se sclérose de plus en plus » , estime Pierre Lemoine (Côtes-d’Armor). Eric H. (Morbihan) cite plus particulièrement la décision de supprimer le palier d’orientation en fin de 5e (vers les BEP et CAP), prise par François Bayrou en 1994 . « Plutôt que de moderniser et revaloriser l’enseignement professionnel, trop perçu comme une voie de relégation » , cette réforme a maintenu selon lui « des élèves en difficulté dans une situation pour eux de plus en plus inconfortable, et ce à l’âge critique de l’adolescence » .
« Quel échec ! » , s’insurge Jean-Paul Huet (Côtes-d’Armor). « À force de niveler par le bas, de promettre le baccalauréat pour tous, de refuser de revenir à des notions plus classiques, de vouloir rendre à tout prix l’évaluation scolaire bienveillante, d’être dans le déni de la réalité, on a construit une école qui se fissure et qui n’instruit plus » . Balayant l’argument du « manque de moyens » , il accuse aussi « le recul de l’implication des parents dans le suivi scolaire, sans oublier la formation des enseignants » .
À l’autre bout de la classe, Michel Normand (Manche) prend quant à lui la défense des enseignants, qui exercent leur métier « avec sérieux, efficacité, rigueur […] dans des conditions anormalement difficiles et stressantes, sous une pression intolérable » .
Nos lecteurs auraient également pu mentionner une autre cause probable de cette dégringolade : depuis la dernière étude Pisa, en 2022, notre pays a connu huit ministres de l’Éducation nationale.
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