Un poème pour la route : « Le pardessus » et « Le tablier », de Alda Merini
Le pardessus Un certain pardessus habitait depuis longtemps la maison c’était un pardessus de pure laine de fil léger et peigné un pardessus aux textures multiples il avait vécu et on l’avait retourné mille fois c’était une création de notre papa avec sa silhouette tantôt pensive tantôt heureuse.
Pendu à un nœud coulant ou à un portemanteau il prenait un air vaincu : à travers ce vieux pardessus j’ai appris à connaître les secrets de mon père en le contemplant tapi dans l’ombre.
Le tablier Ma mère en revanche avait un vieux tablier pour les fêtes et le travail, elle se consolait en vivant avec lui.
Avec ce tablier, nous trouvions du réconfort il fut donné aux chiffonniers après sa mort, mais un clochard reconnut sa dimension maternelle il en fit un doux oreiller pour ses vivantes funérailles.
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