1,22 milliard d’euros de dépenses "perdues" chaque année: un syndicat de l'hôtellerie-restauration accuse les supermarchés de capter une part de plus en plus importante des titres-restaurant
Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR) a assuré que l'extension des titres-restaurant aux achats alimentaires dans les supermarchés a pénalisé les restaurants, alors que le dispositif "a été créé pour financer le repas du salarié". Alors qu'une réforme se fait encore attendre, les restaurateurs s'opposent toujours à l'utilisation des titres-restaurant pour payer les courses dans les supermarchés. Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR), l'une des deux principales organisations patronales du secteur, affirme que l'élargissement des titres-restaurants aux achats alimentaires , lancé de manière temporaire en 2022 puis prorogé chaque année, représente "1,22 milliard d'euros de dépenses annuelles perdues par la restauration" au profit de la grande distribution.
"Au quatrième trimestre 2022, au moment de l’entrée en vigueur du 'tout alimentaire', 46,5% des dépenses en titres-restaurant étaient réalisées dans la restauration", mais "cette part n’est plus que de 34,3%" au premier trimestre 2026, a affirmé le GHR dans un communiqué de presse publié vendredi. "En un peu moins de quatre ans, la restauration a perdu 12,2 points de part de marché" alors que "la grande et moyenne distribution est passée de 22,4% à 32,8%", a poursuivi l'organisation patronale.
Pourquoi la canicule profite-t-elle aux restaurants étoilés? 2:50 L'organisation déplore "un transfert devenu insoutenable dans la situation actuelle du secteur", qui traverse "une crise économique particulièrement sévère". "Le titre-restaurant a été créé pour financer le repas du salarié", appuie sa présidente Catherine Quérard, citée dans le communiqué.
Concernant la réforme des titres-restaurant, le GHR réclame "une loi avant la fin de l’année". Faute d'un texte adopté à temps, l'élargissement aux courses alimentaires prendrait fin le 31 décembre 2026 et "cette issue serait favorable à la restauration", juge l'organisation patronale. L’absence de loi bloquerait toutefois d'autres mesures attendues par le GHR, dont "la dématérialisation complète des titres-restaurant".
En gestation depuis plusieurs années, la réforme promise par l'exécutif a été retardée par l'instabilité politique. En juin, un texte a finalement été déposé à l'Assemblée nationale par le député et président du groupe indépendant Liot, Christophe Naegelen. Le ministre du Commerce, Serge Papin, avait alors promis que le texte serait débattu au Parlement "à la rentrée" . Il prévoit notamment de pérenniser la possibilité d'utiliser les titres-restaurant pour régler les courses alimentaires en supermarché, y compris le dimanche, ainsi que de mettre fin au format papier.
"Si le législateur décide, à cette occasion, de prolonger ou de pérenniser le 'tout alimentaire', cette décision devra impérativement être accompagnée d’un double plafond d’utilisation: 25 euros par jour dans les restaurants et commerces alimentaires de proximité et 10 euros dans les grandes et moyennes surfaces", estime le GHR. L'organisation appelle ainsi à rétablir "la vocation première du dispositif" qui consiste à "financer prioritairement le repas du salarié".
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