Guerre en Ukraine : le plaidoyer de Volodymyr Zelensky à l'UE pour une rallonge de 70 milliards d'euros
"Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge", dit un adage souvent attribué à Voltaire.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, était dans cet état d’esprit lorsqu’il est venu vendredi rencontrer les dirigeants de l’Union européenne réunis à Bruxelles.
Il doit d’un côté r epousser l’invasion des armées de Vladimir Poutine, d’un autre gérer le lâchage de son pays par l’Amérique de Donald Trump , et enfin supplier les Européens de l’aider et d’accroître encore leur aide militaire et financière - il a dit avoir besoin d’au moins 70 milliards d’euros de plus de la part de l’UE l’année prochaine.
Zelensky mène un combat sur trois fronts, surhumain, à l’approche d’un hiver qui s’annonce redoutable pour la population civile ukrainienne que les bombardements russes incessants privent de plus en plus de chauffage, d’électricité et d’eau.
Et pourtant, il fait front, sans ciller.
L’Ukraine "restera ferme", a-t-il proclamé, malgré la décision de Trump d’acheter du diesel à la Russie et de donner ainsi à Poutine les moyens de continuer à financer sa machine de guerre.
"Je défends exclusivement les intérêts de l’Ukraine et du peuple ukrainien", a-t-il dit aux journalistes.
"Nous avons été agressés, occupés, nos concitoyens sont tués.
Il est parfaitement logique que nous exercions notre droit de nous défendre".
La décision de Zelensky de répliquer vertement à Donald Trump, qu’il a accusé de "trahison" lors de son passage à Londres avant de venir à Bruxelles, a mis les Vingt-Sept européens dans une situation hautement inconfortable.
Ils ont leurs propres différends à gérer avec le président américain, dans le domaine commercial comme dans celui de la défense, et ne souhaitent pas s’attirer de nouvelles foudres de sa part.
En outre, ils sont conscients que les Etats-Unis restent un partenaire indispensable pour l’Ukraine, que ce soit dans le domaine du renseignement ou dans celui des communications satellitaires.
Par exemple, les Européens n’ont pas les moyens techniques , à ce stade, de remplacer le système Starlink d’Elon Musk, qui utilise quelque 10 000 satellites et qui permet aux Ukrainiens de contrôler leurs missiles et drones qui frappent dans la profondeur du territoire russe.
Le réseau OneWeb d’Eutelsat en a seulement 600 en orbite.
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