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« Ne plus pouvoir bander peut être angoissant, mais on est toujours capable de faire jouir » - TÉMOIGNAGE

Le HuffPost ·
« Ne plus pouvoir bander peut être angoissant, mais on est toujours capable de faire jouir » - TÉMOIGNAGE

Comme la plupart des hommes, j’ai commencé à ressentir une baisse naturelle de mes performances sexuelles avec l’âge. Au cours de ma trentaine et de ma quarantaine, j’ai parfois eu des troubles de l’érection occasionnels, mais ce n’était pas un problème parce que j’avais déjà découvert l’orgasme prostatique : je savais déjà qu’un orgasme ne se limite pas à la stimulation du pénis.

Avec les effets de l’âge, les troubles érectiles sont devenus plus fréquents. Bien sûr, ne plus pouvoir bander peut être angoissant. Mais pour moi, la question a tout de suite été : « Est-ce que je vais toujours être capable de jouir et de faire jouir ? » La réponse est bien évidemment positive. Et lorsqu’on s’en rend compte, c’est une libération.

Pour moi, cela a été un chemin. Après un mariage qui s’est très mal terminé, je me suis reconstruit grâce à la sex positivité. J’ai d’ailleurs rencontré celle qui est ma compagne depuis trois ans lors d’un stage de massages tantriques. Nous visons ensemble une sexualité souvent non pénétrative et nous sommes particulièrement épanouis. Surtout, nous ne sommes pas dans l’angoisse de la performance, et ça, c’est fabuleux.

De plus, nous n’avons pas de tabous et nous arrivons à tout nous dire. Je pense que la communication est centrale dans le détachement vis-à-vis de la question de l’érection qui, sinon, pourrait provoquer des angoisses chez l’un comme chez l’autre. Et puis parler de sexualité, c’est d’un érotisme absolu. C’est aussi s’assurer qu’on ne sera jamais seul face à ses doutes et ses difficultés.

La communication ne se limite pas au couple : j’ai choisi de témoigner aujourd’hui sans recourir à un pseudonyme car je suis convaincu que si la sexualité était moins taboue, on s’en porterait toutes et tous beaucoup mieux.

Le sexe pénétratif, c’est une toute petite partie de la sexualité. Quand on sort du schéma « pénis dans vagin », il y a tout un tas de jeux à découvrir. À commencer par la masturbation, que j’ai toujours beaucoup pratiquée sans complexe. Cela marche très bien sans érection : l’orgasme est tout aussi bon avec une demi-molle. La sensibilité du pénis n’est pas liée à la turgescence [terme désignant un organe gonflé par la rétention du sang].

Lors des moments à deux, je réfute le terme de « préliminaires » : il n’y a pas que le coït comme finalité, et tout ce qu’il y a avant aurait moins d’importance. Tout geste qui donne du plaisir est un acte sexuel.

Quand tu es dans cette philosophie-là, bander ou pas n’est pas vraiment important. Ça désangoisse et, paradoxalement, ça peut parfois permettre d’avoir une érection alors qu’elle ne venait pas. Caresses, masturbation réciproque, pénétration digitale… les possibilités sont infinies. Le sexe oral reçu est également très agréable sans érection.

On peut aussi aborder le coït de façon totalement différente. Pendant nos dernières vacances, il y avait, dans la maison que nous avions louée avec ma compagne, le livre Slow Sex d’Anne et Jean-François Descombes.

Cet ouvrage explique qu’en cas d’excitation intense, le vagin est capable de quasiment aspirer le pénis – ou un jouet sexuel – avec une érection assez faible voire inexistante.

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