"La situation était devenue intenable" : pourquoi les FDS ont accepté leur dissolution en Syrie
La dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS), prononcée mardi, marque un tournant majeur pour les Kurdes de Syrie, après plus d’une décennie d’autonomie militaire et politique. Retour sur les enjeux de l’accord conclu avec Damas et les raisons qui ont conduit Mazloum Abdi, le chef des forces kurdes, à accepter leur dissolution.
Par : Marc DAOU Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé, mardi 25 août, depuis le palais présidentiel à Damas, la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS), la puissante coalition armée créée en 2015, qui avait joué un rôle central dans la défaite de l’organisation État islamique.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’accord avec le président de la Syrie , Ahmed al-Charaa , visant à mettre fin à l’existence de structures militaires kurdes autonomes, un processus soutenu par les États-Unis , principal allié des FDS.
Depuis plusieurs mois, Damas et les autorités kurdes négociaient la mise en œuvre d’un accord conclu en janvier et prévoyant l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État syrien. Le démantèlement des FDS – force dominée par les Kurdes mais composée pour sa majorité d’effectifs arabes – constitue l’une des principales concessions faites par Mazloum Abdi, alors que le pouvoir de Damas cherche à rétablir son autorité sur l’ensemble du pays.
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Pendant la guerre en Syrie, les forces kurdes ont progressivement établi leur contrôle sur de vastes pans de territoire du nord et du nord-est du pays, où elles ont mis en place une administration autonome, souvent désignée sous le nom de "Rojava" .
Selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste de la Syrie, de passage début juillet dans la région de Kobané, dans l’Est syrien, plusieurs facteurs expliquent cette dissolution, notamment les revers militaires, l’évolution du rapport de force avec Damas et le recul progressif du soutien international aux forces kurdes.
France 24 : Pourquoi Mazloum Abdi, le chef des Forces démocratiques syriennes, a-t-il fini par accepter leur dissolution ?
Wassim Nasr : Plusieurs facteurs expliquent cette décision qui devenait inéluctable. En janvier, les forces syriennes ont lancé une série d’attaques décisives dans les quartiers kurdes d’Alep et dans le nord-est du pays, chassant les FDS – en moins de deux semaines et sans grande effusion de sang – d’environ 80 % du territoire sous leur contrôle. Les FDS n’ont pas su gagner le cœur et l’adhésion des populations arabes, largement majoritaires dans les zones sur lesquelles elles ont exercé leur pouvoir pendant plus de dix ans. Cela a beaucoup pesé dans la balance.
Ces populations ont été progressivement retournées par le nouveau pouvoir. C’est notamment ce qui a permis au conseiller du président Ahmed al-Charaa en charge des affaires claniques et tribales de convaincre les effectifs arabes des FDS de retourner leur veste.
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