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Pourquoi les forces yéménites n’ont-elles pas réussi à stopper l’offensive des Houthis ?

France 24 ·
Pourquoi les forces yéménites n’ont-elles pas réussi à stopper l’offensive des Houthis ?

Les forces gouvernementales yéménites, pourtant soutenues militairement et financièrement par l’Arabie saoudite, ont cédé en quelques jours face à l’offensive des Houthis sur la côte de la mer Rouge. Une victoire qui est autant le produit de leur propre discipline que de la désunion persistante du camp gouvernemental.

Par : Marc DAOU Une offensive éclair. En quelques jours, les Houthis sont parvenus à enfoncer les lignes des forces gouvernementales yéménites et à étendre leur emprise sur la côte de la mer Rouge . Après le port de Mokha, dans le sud-ouest du pays, les rebelles chiites soutenus par l’Iran se sont emparés de l’île de Mayyoun, au cœur du détroit de Bab el-Mandeb. Un passage maritime stratégique qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue l’une des principales voies commerciales entre l’Europe et l’Asie.

Cette avancée fulgurante expose surtout la débâcle des forces du gouvernement yéménite reconnu internationalement. Selon les experts, leur déroute prévisible est l’aboutissement de plusieurs années de divisions au sein de la coalition militaire qui rassemble des formations rivales avec chacune leur propre chaîne de commandement.

"C’est une coalition de forces anti-houthies profondément fragmentée, qui, dans de nombreux cas, ont passé plus de temps à se battre entre elles, souligne Thomas Juneau, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales d’Ottawa et chercheur non résident au Sanaa Center, un groupe de réflexion yéménite indépendant. Cette fragmentation a empêché le gouvernement de s’imposer comme un acteur fort et unifié, capable de véritablement défier les Houthis".

L’Arabie saoudite a bien tenté de réorganiser les forces opposées aux Houthis. En 2023, le pouvoir yéménite a ainsi créé une Commission militaire suprême, placée sous l’autorité du général Mutlaq bin Salem Al-Azima, ancien commandant des forces conjointes de la coalition arabe au Yémen. Mais cette Commission n’ayant pu venir à bout des rivalités et des agendas de chacun.

Sur le terrain, cette faiblesse s’est traduite par le recul de certaines forces et donc l’impossibilité de stopper l’offensive houthie face à laquelle certaines des forces chargées de tenir ont reculé, laissant les rebelles chiites fondre sur Bab al-Mandeb.

"Ce à quoi nous avons assisté au cours des derniers jours est en réalité le résultat de cette situation, les forces gouvernementales — ou, pour être plus précis, certaines des factions qui composent ce camp — s’étant complètement effondrées lorsque les Houthis ont lancé cette offensive", poursuit Thomas Juneau, interrogé sur la chaîne anglophone.

À lire aussi Comment l’affrontement entre l’Iran et les États-Unis a relancé la guerre au Yémen

Le cas des Forces de résistance nationale de Tarek Saleh en est une illustration.

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