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Technologie

À Londres, des chauffeurs de taxi sont prêts à une guérilla contre les robotaxis

Numerama ·
À Londres, des chauffeurs de taxi sont prêts à une guérilla contre les robotaxis

Dans une enquête publiée ce 21 août 2026, le Financial Times révèle un climat sous tension depuis l’arrivée des premiers robotaxis à Londres. Alors que Waymo (filiale d’Alphabet) et une startup britannique Wayve (soutenue par Uber) multiplient les essais pour faire de la capitale anglaise leur rampe de lancement européenne , les chauffeurs des célèbres black cabs et de VTC ne comptent pas toujours se laisser évincer sans réagir.

Inquiets pour leur avenir, certains conducteurs de taxi envisagent désormais d’engager une véritable guerre d’usure psychologique et technique contre les algorithmes. Un combat perdu d’avance ?

Les chauffeurs londoniens ont déjà vu leurs revenus baisser de près d’un tiers depuis l’arrivée d’Uber, selon le Financial Times. Cette nouvelle concurrence autonome a de quoi les faire redouter de nouvelles pertes. Alors pour décourager les entreprises et les clients, plusieurs chauffeurs admettent sans détour réfléchir à des tactiques de sabotage passif pour pousser la technologie dans ses retranchements et démontrer ses limites en milieu urbain.

« On pourrait imaginer un certain type de jeu… un peu de fourberie », assume l’un des chauffeurs interrogés par le Financial Times. Parmi les pistes citées par les taxis :

Même si l’entreprise Wayve affirme n’avoir pour l’instant constaté aucun acte d’incivilité sur sa flotte de test, l’hostilité ambiante montre à quel point l’acceptabilité sociale pourrait s’avérer particulièrement houleuse.

Au-delà de ces mesquineries envisagées sur la route, c’est la géographie même des métropoles européennes qui interroge les taxis. Rues étroites, piétons indisciplinés, livreurs à vélo et règles de priorité implicites : naviguer à Londres ou à Paris exige une communication non verbale permanente que le Code de la route ne formule pas. Ces chauffeurs sont sceptiques face aux capacités des robotaxis à s’en sortir.

Mohamed, chauffeur de taxi à Londres depuis 2014, cite au Financial Times l’exemple des passages piétons très fréquentés près de la City : là où un conducteur humain avance centimètre par centimètre pour s’imposer poliment au milieu du flux de piétons ininterrompu, un véhicule autonome s’arrêtera net par sécurité. « Ces véhicules ne bougeront pas… ils resteront bloqués là jusqu’à Noël prochain ! », ironise-t-il.

Ce qui n’est pas réellement le fonctionnement des robotaxis actuels, on peut déjà l’observer aux États-Unis. D’ailleurs, Alex Kendall, le directeur général de Wayve, précise qu’ils ont développé le robotaxi pour que sa conduite ressemble à celle d’un humain : « En conduisant non pas comme un robot rigide, mais de manière naturelle et humaine, j’espère que le véhicule pourra coexister harmonieusement avec les autres usagers de la route », précise-t-il.

Lloyd Baldwin, un chauffeur chevronné, rappelle une attention typiquement humaine qu’un véhicule autonome ne peut avoir : « Quand je travaillais la nuit et que je transportais une femme seule, je m’arrêtais devant chez elle et j’attendais qu’elle ait fermé sa porte avant de repartir.

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