L’IA promet de transformer vos films et séries : verrez-vous vraiment la différence ?
L’intelligence artificielle rajeunit des acteurs, retouche des décors et promet de faire baisser la facture des effets visuels. Les studios commencent à compter leurs économies ; devant l’écran, le bénéfice est moins évident.
Tom Hanks avec quelques décennies de moins, des Fremen aux yeux parfaitement bleus, un immeuble qui s’effondre dans une série Netflix : l’IA a déjà trouvé du travail au cinéma. Pas toujours celui qu’on imagine à la vue des vidéos générées qui circulent sur les réseaux sociaux. Une partie de ses interventions relève davantage de la retouche minutieuse que du film fabriqué en quelques lignes de texte.
Les effets numériques ne sont d’ailleurs pas réservés aux créatures de mondes imaginaires et aux villes détruites dans les blockbusters. Ils se glissent partout, comme par exemple dans les séries quotidiennes françaises. Le saviez-vous ? Dans Un si grand soleil , la série de France 3, des décors virtuels viennent notamment habiller les vues depuis les fenêtres des plateaux, comme le décrit France.tv Studio . Pas besoin d’un vaisseau spatial pour avoir recours aux effets visuels : une conversation dans un bureau peut avoir besoin d'un artiste VFX pour gagner du temps au tournage.
Prolonger un décor ou retirer un élément indésirable de l’image fait aussi partie de ce travail, souvent réussi précisément parce que personne ne le remarque. Ces techniques existaient bien avant l’arrivée de l’IA générative. Ce qui change aujourd’hui, c’est la possibilité d’automatiser davantage certaines opérations, avec des économies dont les studios espèrent bien profiter.
Dans Dune : Deuxième Partie , les yeux des Fremen ont donné beaucoup de travail aux équipes. Pour le premier volet, les artistes devaient en détourer les différentes parties à la main, en suivant les mouvements, les reflets et les vêtements qui masquent les visages. Pour la suite, ils ont utilisé un outil capable d’apprendre à partir de ces images déjà traitées, comme le détaille Foundry, l’éditeur du logiciel .
Selon l’entreprise, 40 % des quelque 1 000 plans concernés n’ont nécessité aucune retouche supplémentaire. Les autres ont demandé des corrections, qui pouvaient ensuite améliorer le modèle. L’IA ne décide donc pas de l’apparence des Fremen : elle aide à reproduire un effet déjà défini, sur un grand nombre d’images.
Ce genre d’utilisation manque sans doute de panache pour une présentation commerciale. Il évite pourtant de recommencer une opération fastidieuse pendant des centaines de plans. Les yeux doivent rester crédibles lorsque les personnages bougent, passent dans l’ombre ou apparaissent dans une foule. Le nombre d’heures consacrées à les détourer intéresse surtout la production.
Le rajeunissement de Tom Hanks et Robin Wright dans Here est autrement plus visible. Les deux acteurs incarnent leurs personnages à plusieurs âges, grâce à des visages produits par des réseaux neuronaux puis intégrés aux prises de vues.
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