"Le PGE a sauvé notre économie au moment du Covid": exit les APL, Bruno Le Maire préfère un nouveau prêt garanti par l'État pour relancer l'accession au logement des moins de 30 ans
Il assure qu'il "n'est pas candidat", mais Bruno Le Maire dévoile bien, dans son Manifeste pour une autre France publié mardi 25 août, une série de propositions économiques afin de réduire le déficit public et investir dans des enjeux sociétaux, notamment le logement. L'ancien ministre de l'Économie et des Finances d'Emmanuel Macron, en poste à Bercy entre mai 2017 et septembre 2024, suggère de créer un "prêt garanti par l'Etat" (PGE) dédié à l'accession à la propriété des plus jeunes, âgés de moins de 30 ans.
En France, l'âge moyen du premier achat immobilier est aujourd'hui de 36,5 ans selon le réseau de courtage immobilier Empruntis . Malgré le mécanisme du prêt à taux zéro pour les achats de logements neufs, la part des moins de 30 ans ne cesse de diminuer parmi les primo-accédants. Elle est passée de 31% en 2025 à 29% en 2026. "À la différence du neuf, la part des moins de 35 ans s’érode" (dans le marché ancien, ndlr), a souligné en juin l'Observatoire Crédit Logement CSA.
Le PGE est un mécanisme indirect, qui consiste à ce que l'Etat se porte garant sur une durée déterminée d'un prêt souscrit auprès d'un établissement bancaire. Pour faire face à la crise du Covid-19, entre 2020 et 2022, l'Etat avait ainsi accordé près de 145 milliards d'euros de PGE à quelque 650.000 entreprises. Un certain nombre d'entre elles se sont ensuite retrouvées en difficultés financières au moment du remboursement. Selon Les Echos , au 30 septembre 2025, près de 20 milliards d'euros d'encours devaient encore être remboursés.
Il fait ici manifestement référence aux Aides personnelles au logement (APL), précisant un petit peu plus haut vouloir "faire le tri dans les aides publiques" dédiées à l'habitat, "comme dans les normes de construction". Selon lui, ces dernières alimentent la hausse des prix, et donc des loyers.
Les APL sont aujourd'hui reversées à environ 2,7 millions de bénéficiaires selon les données de référence de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF). Le budget des "aides au logement" (comprenant les APL, mais aussi l'Allocation de logement familiale, l'ALF, et l'Allocation de logement sociale, l'ALS) est fixé à 16,1 milliards d'euros en 2026.
Ce poste de dépenses est régulièrement mentionné comme une cible d'économies. Depuis le 1er juillet, les étudiants extra-communautaires non boursiers ne peuvent plus en bénéficier, ce qui représente "une économie d'à peu près 200 millions d'euros en année pleine" a souligné fin juin le ministre du Logement. Le gouvernement a en revanche démenti vouloir supprimer les APL pour certains étudiants aidés par des parents aisés dans le budget 2027.
L'ancien ministre préconise en outre que le ministre du Logement présente chaque année au Parlement "un bilan annuel de la politique du logement, du nombre de mises en chantiers et de l’évolution des prix".
Peu de candidats à l'élection présidentielle ont pour l'heure présenté leur programme en détail. Bruno Retailleau (Les Républicains) a, pour sa part, dévoilé fin mai son plan pour le logement, basé sur une libération du marché et la simplification des procédures.
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