L’écrivain Thélyson Orélien accusé d’avoir utilisé l’IA
De sérieuses zones d’ombre entourent les accusations énoncées contre Thélyson Orélien, auteur d’un des livres les plus remarqués de la rentrée littéraire, C’était ça ou mourir (Grasset). Un compte X, jusque-là confidentiel et dont on ignore encore les intentions profondes, lui reproche d’avoir largement utilisé l’Intelligence artificielle pour l’écrire. L’auteur canado-haïtien le réfute et ses maisons d’édition canadienne et française le soutiennent pleinement.
Alors, pourquoi ce presque scandale autour d’un roman salué par la critique , apprécié du public et déjà primé ? Quand bien même son auteur aurait utilisé l’IA, ce n’est pas interdit par la loi et ne constitue pas un délit de plagiat. À moins de considérer que l’IA générative contrevient au respect de la propriété intellectuelle, ce qui se défend certainement. À cet égard, l’enjeu crucial n’est pas tant qu’un livre puisse être écrit à l’aide de l’IA mais davantage qu’il puisse être pillé pour la nourrir.
Alors, est-ce l’idée d’avoir peut-être été « bernés » qui nous chiffonne tant ? Ce ne serait pourtant pas la première fois qu’un auteur se sert de l’IA pour écrire, comme le revendiquent certains. Sans compter qu’une partie de la création, notamment celle proposée par les plateformes télévisuelles, est déjà soumise au formatage algorithmique sans que personne n’y trouve à redire.
Tout en tenant à bonne distance les prédictions apocalyptiques que certains géants de la tech agitent ces derniers jours, il est bien sûr légitime de questionner son utilisation dans la création. Mais faut-il la moraliser ? Sans doute pas. Faut-il avoir conscience que les limites de l’acceptable en la matière sont sans cesse repoussées ? Certainement. Soyons cependant rassurés : des outils de contrôle existent. Et l’uniformisation de la proposition littéraire ne se fera pas sans l’aval de nous, lecteurs. Ce que nous lirons demain sera ce que nous exigeons aujourd’hui. L’IA n’a pas encore pris le contrôle.
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