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Marcel, Marseille et moi : quand Ariane Ascaride conte Pagnol sur France Inter

La Croix ·
Marcel, Marseille et moi : quand Ariane Ascaride conte Pagnol sur France Inter

Faire raconter Marcel Pagnol par Ariane Ascaride est une telle évidence qu’on se demande pourquoi personne n’y avait songé avant. « Marseille est une ville qui me constitue » , explique d’emblée la comédienne dans le premier épisode de cette série concoctée pour France Inter. Pour elle, évoquer la figure de l’écrivain, dramaturge et cinéaste marseillais, c’est « revenir à cette langue qui est la mienne » . Pour toujours, elle sera la Jeannette de Marius dans le film Marius et Jeannette de Robert Guédiguian, dont le titre est un subtil hommage rendu à celui « qui a donné à voir Marseille au monde entier » .

Même petit peuple d’ouvriers et de commerçants, gravitant autour du port, même verbe haut et même pudeur dans les sentiments. « Si tu veux parler du monde, parle de ton village » , disait Anton Tchekhov, et les liens entre l’univers de Pagnol, homme de troupe et d’amitiés fidèles, et celui de Guédiguian tout à coup nous sautent aux yeux.

Mais c’est de Marcel Pagnol que l’actrice veut nous parler, retrouvant son accent – que tous les Marseillais s’empressent de perdre en arrivant à la capitale – pour interpréter son rôle. Un Pagnol intime et sensible qu’elle nous donne à voir, ou plutôt à entendre, notamment à travers la tendre correspondance entretenue avec son père.

Le fils aimant, professeur d’anglais au lycée Condorcet mais déjà rempli d’ambitions théâtrales, le grand amoureux qui doit parfois gérer plusieurs relations en même temps, le précurseur qui de retour de Londres s’ébaubit devant Raimu et un directeur de théâtre parisien de sa découverte du cinéma parlant dans un dialogue savoureux paraissant tout droit sorti d’une de ses pièces.

Il y a bien sûr son amour des acteurs, et cette amitié pleine de piquants avec Raimu, à laquelle Ariane Ascaride ne pouvait être que sensible. « J’ai une admiration sans bornes pour lui, confie-t-elle dans un élan pagnolesque. C’est l’humanité en marche. Il a un nom d’empereur et c’est ce qu’il ait. »

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