"Quel choc": 300 personnalités signent une tribune pour protester contre l'arrivée sur France Inter de Charles Sapin, responsable chez Valeurs Actuelles
"Valeurs Actuelles sur France Inter: c'est Non!" Samedi 12 septembre, quelque 300 personnalités ont signé une tribune dans Le Parisien pour protester contre l'arrivée de Charles Sapin , également directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actueles, sur les ondes du service public. Depuis dimanche 13 septembre, les personnels de Radio France sont en grève pour deux jours pour contrer l'arrivée de ce nouveau chroniqueur de la matinale.
Parmi eux, des grands noms du monde intellectuel, comme les acteurs Denis Podalydès , Julie Gayet , Bruno Solo ou Laure Calamy ; les cinéastes Valérie Donzelli et Patrice Leconte; le documentariste Vincent Munier; les écrivains Pierre Lemaître, Hervé Le Tellier ou encore la prix Nobel Annie Ernaux ainsi que le photographe Yann Arthus-Bertrand ainsi que les musiciens Yann Tiersen, Camille ou Miossec.
Selon eux, "les valeurs qu'il représente sont en totale contradiction avec les missions de la radio publique définies par le Parlement: défendre la cohésion sociale, la lutte contre les discriminations, la représentation de la diversité des origines et des cultures." Et d'ajouter qu'un "éditorial (...) engage pleinement France Inter".
Marschall Truchot : Charles Sapin, France Inter ou France sectaire ? – 03/09 22:14 Surtout - ils reprennent l'argument principal des syndicats de la Maison ronde - Valeurs actuelles, dont Charles Sapin est le numéro 2, a été "condamné à plusieurs reprises pour injure publique à caractère raciste, provocation à la haine raciale et diffamation". Le magazine est également en partie détenu par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin , homme d'affaires, qui "ne cache pas", à travers "son projet Périclès", "son agenda politique" au "bénéfice de l'extrême droite", selon les signataires du texte..
Dans leur tribune, les personnalités s'interrogent. "Est-ce le rôle de la radio publique de participer à cet agenda politique? Nous ne le pensons pas". "Radio France doit-elle vraiment s’engager dans ce pari hasardeux et offrir, a priori, un brevet de respectabilité à ce titre multirécidiviste de la provocation raciste?", écrivent-ils encore.
D'autant que, selon les signataires, "Valeurs Actuelles s’est aussi particulièrement illustré dans la violente campagne de dénigrement et d’attaques outrancières orchestrées l’année écoulée contre l’audiovisuel public par l’extrême droite."
Justifié par la direction au nom du pluralisme à l'approche de la présidentielle, ce recrutement a été immédiatement contesté. Dans une motion adoptée le 2 septembre, les personnels ont exprimé leur "refus catégorique", en jugeant Valeurs actuelles "pas compatible" avec le service public.
Pour les signataires de la tribune, "France Inter, comme les autres antennes de Radio France, s’attache à respecter le pluralisme. C’est une obligation à laquelle veille l’ARCOM." Mais ce pluralisme doit "se déployer dans le cadre de l’arc républicain et ne saurait se confondre avec la complaisance envers des idées qui représentent un danger pour la démocratie et le respect des droits fondamentaux."
Depuis un an, le sujet du pluralisme de l'audiovisuel public est brûlant.
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