Vous voulez tellement bien dormir que ça en devient une obsession: attention au sleepmaxxing, le piège que peuvent renforcer les montres connectées
Avec les montres et autres objets connectés qui fournissent un score de sommeil, les utilisateurs peuvent passer de la simple envie de l'améliorer à l'obsession de suivre chaque détails de leur nuit de sommeil. Il sombe alors dans le sleepmaxxing ou orthosomnie, ce qui peut les empêcher les empêchant alors de mieux et bien dormir. Quand le sommeil devient une performance. Dormir avec un objet connecté au poignet peut avoir du bon, mais pas toujours. Ces appareils livrent au réveil un score de sommeil et un rapport détaillé de la nuit, incitant certains porteurs à tout tenter pour l'améliorer. Mais certains vont trop loin, combinant gadgets et astuces dans l'espoir de mieux dormir.
Mettre un bout de sparadrap sur sa bouche avant de se coucher, prendre du magnésium, installer une machine à bruit blanc dans sa chambre... Ces comportements font partie de ce qu'on appelle le sleepmaxxing. Et ce n'est pas parce que vous multipliez ces astuces et outils que vous rejoindrez les bras de Morphée plus vite ou plus longtemps. Au contraire. Poussée à l'extrême, cette tendance est en effet susceptible de mener à ce qu'on appelle l'orthosomnie, soit l'obsession d'un sommeil parfait... qui provoque l'effet inverse.
Si le rapport au sommeil est devenu aussi complexe, c'est parce que la plupart des montres, bracelets ou bagues connectées analysent la nuit de leur porteur pour lui donner un score de sommeil. Un chiffre entre 0 et 100 qui vous informe de sa qualité, mais qui n'a rien de scientifique.
Il s'agit d'une pure invention, a récemment affirmé Alanna Hare, consultante en médecine du sommeil à l'hôpital Royal Brompton de Londres, à la BBC . "Il n'y a rien de reconnu en sciences du sommeil qui corresponde à un 'score de sommeil'. C'est une invention des fabricants", a-t-elle insisté.
Les professionnels de santé ne sont d'ailleurs pas les seuls à aller dans ce sens. Une plainte déposée en août contre le fabricant de bagues connectées Oura l'accuse de se baser sur des estimations générées pour le sommeil par IA qui ont "autant de chances d'être correctes qu'un pile ou face". Relayée par le site spécialisé Techcrunch , elle précise que ces objets connectés ne peuvent pas mesurer les signaux physiologiques nécessaires pour évaluer la qualité du sommeil ou en déterminer les différentes phases.
La plainte reproche ainsi à Oura d'avoir commercialisé des bagues onéreuses tout en vantant leur capacité à suivre réellement le sommeil comme le fait un laboratoire spécialisé. Alors que pour cela, il faudrait "des électrodes placées sur le cuir chevelu et des capteurs sur les yeux comme seul un hôpital ou un autre établissement clinique est en mesure de le faire", indique-t-elle. Des explications réitérées par Neil Stanley, expert du sommeil et auteur de l'ouvrage Comment bien dormir .
Dans le cas spécifique d'Oura, le problème ne date pas d'hier. Des utilisateurs se plaignaient déjà d'un suivi du sommeil inexact l'année dernière. L'un d'entre eux l'avait notamment pointé sur Reddit .
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