Le pétrole passe "très discrètement" par le détroit d'Ormuz, assure Patrick Pouyanné mais Totalenergies veut investir dans "des voies alternatives"
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé ce lundi que son groupe allait investir dans des "voies alternatives" au détroit d'Ormuz, où la situation sécuritaire reste très précaire. Près de six mois après les premières frappes israélo-américaines contre l'Iran, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste très perturbé dans cette voie stratégique pour le commerce mondial où transitait un cinquième des hydrocarbures avant le conflit. Les passages de pétroliers ont été réduits à néant puis à peau de chagrin.
Selon le président-directeur-général de Totalenergies, Patrick Pouyanné, les cargaisons de pétrole brut y transitent "très discrètement", mais le conflit au Moyen-Orient aura des conséquences encore à long terme.
Même crainte pour les automobilistes outre-Atlantique. Aux États-Unis, "les prix de l'essence ne descendront pas en dessous de 4 dollars, comme le souhaiterait le président Trump", selon Patrick Pouyanné. "Nous avons un marché du brut orienté à la baisse et des marchés des produits pétroliers très orientés à la hausse, ce qui est très singulier", a encore analysé le PDG de Totalenergies dans des propos relayés par Bloomberg .
L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son passage avec Oman, l'autre pays riverain. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran. Alors, Totalenergies n'a pas le choix et doit chercher des autres voies de passage au détroit d'Ormuz. "Nous sommes aujourd'hui probablement le plus grand négociant de pétrole en provenance d'Irak ou du Qatar. Et il est clair pour moi que je dois engager des fonds propres pour investir dans une voie alternative", a-t-il expliqué.
Raison pour laquelle le géant pétrolier va s'impliquer dans l'oléoduc Habshan-Fujaïrah , aux Émirats arabes unis. "J'investirai à Abou Dabi pour doubler la capacité de l'oléoduc de Fujaïrah", a annoncé le patron français. Dans sa forme actuelle, l'oléoduc existant peut acheminer 1,8 million de barils par jour.
Débarassée de la dictature de Bachar al-Assad, la Syrie cherche à se refaire une place dans le concert des nations. Le dirigeant de Totalenergies y a accompagné Emmanuel Macron en juillet dernier. Depuis Damas, il y voyait déjà un "pays à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient" et "une route alternative" au détroit d'Ormuz.
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