Pouvoir d’achat : arrêts maladie, retraites, impôts... Ce que le budget 2027 pourrait changer pour le porte-monnaie
Le projet de budget pour 2027 sera « très loin de l’austérité » , a promis le Premier ministre Sébastien Lecornu, ciblant un déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB). Il sera présenté le 1er octobre prochain en conseil des ministres. Dans le détail, plusieurs mesures vont affecter directement le pouvoir d’achat des ménages.
Le barème de l’impôt sur les revenus 2026 pourrait être revalorisé en fonction de l’inflation (estimée à 2,1 %). C’est l’une des mesures annoncées vendredi par le Premier ministre sur le réseau X. « Nous refusons de geler le barème de l’impôt sur le revenu : les Français qui travaillent ne verront pas leurs impôts augmenter » , écrit Sébastien Lecornu. Ce serait une bonne nouvelle pour les contribuables. Ceux dont les revenus n’ont pas progressé entre 2025 et 2026 verraient même leur impôt un peu baisser (à situation patrimoniale et familiale inchangée). Encore faut-il que le budget 2027 soit adopté d’ici fin décembre. L’absence de majorité rend l’exercice très périlleux pour le gouvernement. En attendant, ce dernier ne compte pas non plus raboter le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, régulièrement dans le viseur de l’État à la recherche d’économies. « Les niches fiscales les plus importantes seront sanctuarisées, notamment pour les services à la personne » , déclare Sébastien Lecornu.
« Le point d’indice des fonctionnaires sera gelé » , écrit le Premier ministre. « C’est un scandale, s’insurge Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT . Cela confirme la nécessité d’une journée noire le 29 septembre. » Ce jour-là, une large intersyndicale de la Fonction publique appelle à une journée de grève. « Avec les gels successifs, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16 % de pouvoir d’achat depuis 2017 », dénonce Sophie Binet.
Le gouvernement veut mettre les retraités à contribution. Il hésite entre une non-revalorisation des pensions ou une augmentation inférieure à l’inflation. Ce qui dérogerait à la règle légale d’indexation. Sébastien Lecornu a aussi évoqué l’hypothèse d’une « réduction de la niche fiscale » dont bénéficient les retraités. C’est un abattement de 10%, assorti d’un plafond à 4439€ par foyer fiscal (pour les revenus 2025). Ce dernier pourrait être abaissé. Dans les deux cas, «les petites retraites seront protégées», assure le Premier ministre.
Le gouvernement veut aussi s’attaquer aux arrêts maladie pour économiser «environ 2 milliards d’euros» (sur un total de 17,9 milliards en 2025). Le gouvernement a déjà décidé d’abaisser - de trois à un an - la durée d’indemnisation dont bénéficient certains patients lorsqu’ils souffrent de dépression légère ou de troubles musculo-squelettiques. Un décret est aussi en préparation pour abaisser le maximum de salaire comptabilisé pour le calcul des indemnités journalières après un accident du travail ou pour une maladie professionnelle.
Le Premier ministre envisage un « gel » des APL (aides personnelles au logement) et veut « recentrer » l’allocation de rentrée scolaire. Un prêt à taux zéro «natalité», destiné à faciliter les achats de logement, pourrait compenser ces mesures.
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