Le concours de médecine faussé ? Ce que l’on sait des soupçons de fraude démentis par les organisateurs
Dans un communiqué publié le 14 septembre, le Centre national de gestion (CNG) a indiqué avoir analysé les résultats des sessions 2024, 2025 et 2026 ainsi que les écarts de classement. « Le pourcentage de candidats avec une progression de plus de 2 000 places après la session d’ECOS est inférieur à 2 % quelle que soit l’année et quel que soit le groupe de spécialités » , explique l’institution.
Des accusations de triche également démenties par Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyens et doyennes de médecine. « Les grilles d’évaluation sont éditées dans les facs à 6 h 45, le matin des épreuves. Elles sont données aux examinateurs à 7 h du matin, ils ont ensuite une formation en groupe à l’intérieur de la fac, et les épreuves démarrent à 8 h. Ces documents n’ont quasiment aucune chance d’avoir circulé en amont des épreuves » , rapporte franceinfo ce mardi 15 septembre.
Une justification qui pourrait ne pas suffire à apaiser les étudiants, tant les révélations de l’élève anonyme semblent cohérentes aux externes. « Je me suis dit que c’était trop gros, mais la partie qui m’a fait dire à 90 % que ça pouvait être vrai, c’est que ces grilles ne sont jamais diffusées habituellement. Les sujets, ce sont ceux qu’on a eus aussi et ce n’est pas possible de retenir tous les sujets mot pour mot, de les réécrire avec autant d’informations » , témoigne une étudiante dans Le Parisien .
Questionné par le quotidien, le président de l’association représentative des étudiants en médecine (ANEMF) reconnaît la difficulté d’authentifier la lettre, mais admet l’authenticité des grilles des ECOS. « Est-ce qu’elles ont été récupérées en amont ou en aval des épreuves, on ne le sait pas, mais c’est particulièrement inquiétant » , souligne-t-il.
Autre problème : les ECOS étant des épreuves pratiques, les étudiants simulent des palpations sur des acteurs. Ces derniers auraient accès à leurs textes en avance, ce qui augmente le risque de fuite. « Ces gens-là connaissent forcément des étudiants en médecine et ils peuvent donner les sujets », s’agace une étudiante sur franceinfo.
Une fraude qui n’a pas seulement un impact moral et symbolique. Les futurs internes en médecine se voient affecter en fonction de leur classement aux ECOS. Les mieux classés choisissent leur spécialité et leur lieu d’affectation en premier. Une différence de deux points peut donc faire gagner à un candidat plusieurs milliers de places.
Là encore, démenti du CNG : « Les allégations selon lesquelles “des centaines d’étudiants” auraient “gagné 4 000, 5 000, 6 000 places” sont démenties. En effet, chaque année, moins de 20 candidats ont gagné au moins 3 000 places, moins de 5 candidats ont gagné au moins 4 000 places et moins de 2 candidats ont gagné au moins 5000 places. »
Isabelle Laffont aurait eu vent des rumeurs de triche dès le mois de juillet et alerté dans la foulée les ministères de tutelle que sont la Santé et l’Enseignement supérieur, qui mènent une enquête, rapporte franceinfo.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.huffingtonpost.fr — le contenu appartient à Le HuffPost.