À l'approche de la présidentielle, pour rire ou faire de l’argent, tous les coups sont permis: comment l'Afnic, qui gère les noms de domaine en .fr, protège le web des tentatives de "typosquating"?
Si la pratique n'est pas nouvelle, le cybersquattage de noms de domaine ressemblant à ceux des candidats, du parti qu'ils représentent ou des slogans, semble désormais prendre une autre dimension. En coulisses, pour éviter les abus, l'Afnic, organisme indépendant chargé de la gestion du .fr, a plusieurs cordes à son arc. Si vous tapez Gluck2027.fr plutôt que Glucks2027.fr, vous risquez d'être déçu: quand le second est le site officiel dédié à la campagne de Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche pour la présidentielle , le premier cherche plutôt à s'en moquer.
Enregistrer un nom de domaine proche d'un autre connu pour profiter des erreurs de saisie de l'adresse par les internautes et récolter quelques visites a un nom: il s'agit du typesquatting. Dans le cas de Gluck/s2027.fr, il s'agit d'un troll assumé, mais la pratique est aussi utilisée à des fins illégales, par exemple dans le cadre d'opérations d’hameçonnage ou de désinformation.
Et Raphaël Glucksmann n'est pas le seul concerné. Marine Le Pen en est aussi victime. Ainsi, le nom de domaine marinelepen.fr ne lui appartient pas. Il a été acquis par des Belges à des fins de revente.
Heureusement, il est possible de se protéger lorsqu'on est victime de cette pratique. Ainsi, l'Afnic, organisme indépendant français pour le nommage internet veille au grain. Il s'agit d'une association loi 1901, créée en 1997. Elle gère également les noms de domaines nationaux de premier niveau comme le .re (La Réunion), le .wf (Wallis-et-Futuna) ou encore le .yt (Mayotte). Elle a pour mission leur attribution, mais aussi leurs transferts et gestion afin d'éviter les abus.
Concrètement, l'Afnic n'a pas de pouvoir de sanctions, mais elle est en mesure d'intervenir en cas de différends sur un nom de domaine en .fr: "Nous pouvons nous autosaisir, mais la plupart du temps, c'est un particulier ou une entité morale qui en fait la demande," explique à BFM Tech Pierre Bonis, son directeur général.
"On peut lancer ce qu'on appelle une justification auprès du titulaire du nom de domaine, puisque l'on a les informations de contact de l'individu propriétaire. On lui donne alors cinq jours pour répondre et donner des preuves de sa bonne foi avant de suspendre le nom de domaine. Après cela, on va lui donner 30 jours supplémentaires avant qu'il ne soit supprimé," ajoute-t-il.
D'autres solutions sont disponibles: "Nous proposons une médiation depuis 2023.
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