Les fabricants réclament de plus en plus d'acomptes et les délais de livraison s'allongent alors que la menace s'aggrave: le gouvernement suisse veut accélérer les investissements dans la défense aérienne
Selon le gouvernement, "les actions hybrides et les attaques à distance constituent les menaces les plus probables pour la Suisse", alors que "l'armée ne dispose pas des moyens nécessaires pour assurer une protection suffisante du pays contre les menaces aériennes". Le gouvernement suisse a annoncé mercredi vouloir accélérer les investissements dans la sécurité et en particulier dans la défense aérienne, face à "l'aggravation de la menace et aux longs délais de livraison des biens d'armement". Il avait demandé en mars des crédits d'engagement à hauteur de 3,4 milliards de francs (3,6 milliards d'euros) pour le programme d'armement 2026. "Afin de garantir les délais de livraison pour les acquisitions destinées à la défense aérienne", le gouvernement "demandera au Parlement un crédit supplémentaire de 970 millions de francs", indique-t-il dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion ministérielle.
Selon le gouvernement, "les actions hybrides et les attaques à distance constituent les menaces les plus probables pour la Suisse", alors que "l'armée ne dispose pas des moyens nécessaires pour assurer une protection suffisante du pays contre les menaces aériennes". Il souligne également la situation tendue sur le marché international de l'armement, avec une demande en forte hausse, des capacités de production "saturées pour plusieurs années" et des délais de livraison qui s'allongent.
La Suisse doit recevoir des avions de combat américains F-35A ainsi que le système de défense antiaérienne américain Patriot.
Les 970 millions de francs sont ainsi destinés au versement d'acomptes pour la défense sol-air de courte portée (250 millions de francs) et de moyenne portée (650 millions), pour un radar semi-stationnaire de moyenne portée (60 millions) et pour la défense contre les minidrones (10 millions). Le gouvernement souhaite par ailleurs investir 100 millions de francs ces prochaines années pour renforcer la sécurité de plus de 60 sites militaires, estimant qu'il est urgent de mettre en œuvre ces mesures, qui devront être réalisées "au plus tard au début de 2029". Le Parlement devra encore approuver cette enveloppe.
Il devra également se prononcer sur une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 0,5 point de pourcentage pendant douze ans à partir de 2028, une mesure annoncée le 12 août par le gouvernement afin de financer les dépenses d'armement prioritaires de l'armée.
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