La campagne du général Roberto Vannacci, avec comme mot d’ordre la "remigration"
Aujourd’hui, Pierre Ramond nous parle d’une figure extrême de la politique européenne, dont nous pourrions beaucoup entendre parler dans les prochains mois.
Il ne vous aura pas échappé ces derniers jours que nous entrons dans une année électorale en France. Le nombre chaque jour croissant de candidats à la présidentielle française pourrait presque faire oublier que d’autres élections cruciales se dérouleront en Europe dans les prochains mois, notamment en Allemagne, en Serbie, en Espagne, en Pologne et en Italie. Et dans la campagne italienne, un personnage radical a franchi une nouvelle étape : il s’agit du général Roberto Vannacci.
Il est devenu très célèbre en 2023 pour la publication de son pamphlet Il Mondo al Contrario ( Le monde à l’envers ), où il exposait sa vision de la société contemporaine en multipliant des propos racistes, xénophobes et homophobes. Autoédité, le livre est devenu un best-seller en Italie, et avait placé dans l’embarras le gouvernement de Meloni. Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, l’avait qualifié de "divagations personnelles" et avait relevé le général de ses fonctions militaires. Mais d’autres membres du paysage politique italien l’ont défendu.
Surtout, il a été une des figures de la campagne des élections européennes de la Lega de Matteo Salvini, qui a obtenu près de 10 % des voix en faisant appel aux franges les plus radicales de l’électorat italien. Depuis, le général Vannacci a fondé son propre mouvement, Futuro Nazionale, ou "Futur national", et franchit cet été une nouvelle étape en publiant un programme politique en vue des élections qui se dérouleront en Italie en 2027.
Pour comprendre la radicalité et la dangerosité de son propos, nous proposons un commentaire détaillé de son programme dans les pages du Grand Continent . Une des parties les plus développées de ce texte, intitulé "Base idéologique et programmatique de Futuro Nazionale pour l’Italie du futur (2027-2037)", est celle consacrée à sa politique migratoire, qui est appelée, de façon très claire, "Assimilation et Remigration". Le texte propose une série de "lois exceptionnelles" pour mettre fin à toute nouvelle immigration, et pour, je cite "l'expulsion rapide et certaine des étrangers délinquants ou sans titre de séjour, limiter l’attrait de nouvelles entrées, modifier les critères d'octroi et de révocation de la citoyenneté, la révision du regroupement familial, le rapatriement des détenus étrangers" .
Mais les mesures vont encore plus loin, car non seulement le parti propose de mettre fin à toute forme de migration, mais il veut également "l’inverser", par "l’instrument de la remigration". Cette partie vise à critiquer le gouvernement de Meloni, qui a, depuis son arrivée au pouvoir, augmenté les quotas permettant aux travailleurs étrangers, notamment non européens, de venir en Italie pour travailler dans les secteurs qui manquent de main-d’œuvre, comme l’agriculture et le tourisme.
Plus généralement, sur la migration comme sur la relation à l’Union européenne, à la Russie, et sur les droits des femmes, il s’agit de dépasser par la droite le gouvernement de Meloni.
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