Rachat géant dans la cyber, Proofpoint met 6,3 milliards de dollars sur la table pour racheter Varonis, dans quel but ?
Proofpoint va racheter Varonis pour environ 6,3 milliards de dollars, payés intégralement en numéraire. Le spécialiste de la sécurité des messageries veut garder un œil sur les données sensibles auxquelles les agents IA ont de plus en plus accès.
En rachetant Varonis pour 6,3 milliards de dollars, l'entreprise américaine Proofpoint signe un gros coup dans la cybersécurité, avec un pari entièrement tourné vers l'intelligence artificielle. L'acheteur, propriété du fonds lui aussi américain Thoma Bravo, protège déjà les messageries et outils collaboratifs de millions d'entreprises, petites et grandes, tandis que sa cible sait où se cachent les fichiers sensibles et qui peut les ouvrir. Pour les actionnaires de Varonis, l'histoire se termine avec une belle prime et, à terme, par un départ du Nasdaq.
Dans les entreprises, l'intelligence artificielle a changé de métier, pourrait-on dire. Un agent IA ne se contente plus de converser, puisqu' il pioche dans des informations sensibles et agit d'un système à l'autre. Or, rappelle Sumit Dhawan, le PDG de Proofpoint, ce sont les données auxquelles une IA peut accéder qui déterminent « à la fois sa valeur et son risque ». Plus elle en voit, plus elle sert, et plus elle expose .
D'où l'intérêt de marier les deux maisons. Proofpoint, qui compte plus de 80 entreprises du Fortune 100 parmi ses clients, surveille ce qui transite par les messageries et les outils de travail collaboratif. L'Américain Varonis, dont les chercheurs ont déjà épinglé Microsoft Copilot à plusieurs reprises cette année, cartographie les données critiques d'une organisation, où qu'elles soient stockées, et contrôle qui y touche. Savoir quoi protéger et qui y accède ne suffit plus, insiste Sumit Dhawan, il faut comprendre « comment elles sont réellement utilisées ».
Concrètement, la future plateforme aura pour mission de débusquer les données sensibles, d' encadrer ce que les humains comme les IA ont le droit de consulter , et de stopper les fuites. Avec plus de 16 000 entreprises clientes, l'ensemble se présente comme l'une, si ce n'est la plus grande organisation de cybersécurité dédiée aux données et à l'IA. Sumit Dhawan parle d'une « étape déterminante », et Yaki Faitelson, côté Varonis, promet d'accomplir sa mission « plus rapidement que jamais ».
Si on entre dans les détails financiers de l'opération, chaque action Varonis sera payée 49,75 dollars. C'est 52 % de plus que le cours du 22 juin, dernier jour avant les premières rumeurs de vente, et 17 % au-dessus de celui du 1 er septembre, avant une nouvelle salve d'articles spéculatifs. Proofpoint débourse ainsi 8,4 fois le chiffre d'affaires de Varonis sur douze mois, et 53 fois son flux de trésorerie disponible, autrement dit l'argent qu'il lui reste une fois les dépenses et investissements réglés.
Le cofondateur, PDG et président du conseil d'administration de Varonis, Yaki Faitelson, salue un « nouveau chapitre passionnant » après deux décennies de travail. Il tient surtout à justifier la vente, en précisant qu'un comité d'administrateurs indépendants a consulté un large éventail d'acheteurs potentiels, qui va d'acteurs du secteur à des fonds d'investissement.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.clubic.com — le contenu appartient à Clubic.