De la complaisance à la défiance : coup de froid sur les relations entre le Rassemblement national et la Russie ?
« Nous ne tolérerons jamais qu’une puissance étrangère, en l’occurrence la Russie, puisse espérer dicter directement ou indirectement la politique de notre pays par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique », a martelé le Rassemblement national (RN) dans un communiqué publié samedi 19 septembre 2026.
Lire aussi : Voici l’histoire de la longue lune de miel entre le Rassemblement national et la Russie
Une prise de position qui arrive le lendemain de la réunion sur la menace russe organisée à l’Élysée, à laquelle tous les chefs de partis étaient conviés, aux côtés de responsables de service de renseignement. À la sortie du rendez-vous, les chefs de file du RN avaient minimisé les alertes du chef de l’État.
« Vous allez dans les rues, là, vous demandez à quelqu’un, il est [lui aussi] capable de vous dire : “Ouh là là ! Il y a un problème à l’international et donc c’est catastrophique pour les intérêts de la France.” Mais, et ? Et quoi ? » avait déclaré Marine Le Pen le jour même, lors d’un déplacement dans l’Aude.
Mais le lendemain, le parti d’extrême droite a changé son fusil d’épaule. Un revirement qui arrive alors que la course pour l’élection présidentielle française de 2027 est déjà bien entamée, avec des candidats qui multiplient les déclarations et les déplacements sur le terrain.
Lire aussi : Un média américain accuse le Rassemblement national de propagande pro-Poutine
Après avoir rappelé la confiscation d’actifs et de filiales françaises par le Kremlin, comme Nestlé et Auchan, le communiqué souligne : « Aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine. »
« La politique étrangère de la France se décide à Paris, souverainement, en fonction des seuls intérêts de la Nation. Elle ne saurait être déterminée à Moscou, pas davantage que dans aucune autre capitale étrangère », poursuit le communiqué.
Une fermeté d’autant plus inhabituelle que la favorite à la présidentielle est souvent accusée de complaisance avec le Kremlin et de ne pas afficher un soutien ferme à l’Ukraine.
Lire aussi : Législatives : quand le ministère russe des Affaires étrangères publie un message en faveur du RN
Ces déclarations ont fait réagir en Russie. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré : « La Russie ne menace personne, ne fait de chantage à personne. Et nous sommes donc catégoriquement en désaccord avec de telles déclarations, nous ne les acceptons pas.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.