Quand les scandales percutent la foi
Philippe élève ses enfants dans la foi catholique et les emmène chaque année en retraite dans une communauté. Quand il apprend, coup sur coup, les abus perpétrés par le fondateur et les doutes autour de la mystique du lieu, il rompt avec la foi. Sa fille, Zoé, quant à elle, plonge dans le désarroi.
Philippe, aujourd’hui presque cinquantenaire, a grandi dans la religion : il est enfant de chœur, scout et fait tous les sacrements. Sa pratique se concrétise quand il se marie à 22 ans avec une femme qui s’est fait baptiser à 11 ans à sa demande et est très pratiquante. Ensemble ils auront six enfants. Jeunes époux, ils adhèrent à la paroisse locale et leur quotidien est rythmé par les réunions hebdomadaires avec d’autres croyants. Leur cercle social est alors seulement composé de catholiques et leurs activités sont toutes tournées vers la religion. " Ça occupe vraiment ta vie [...] Tu peux tout à fait ne te poser des questions que dans ce cadre et ne rien voir ailleurs.”
Quelques années plus tard, ils se lient avec un Foyer de charité créé à l’initiative de Marthe Robin, une mystique du XXᵉ siècle. Y sont réunis des croyants et des prêtres qui vivent ensemble et partagent leurs ressources. La famille s’y rend une fois par an en retraite et participe activement à la vie de la communauté. Mais un scandale éclate : le père fondateur du Foyer se révèle être un agresseur sexuel, accusé par plus de 80 femmes. Philippe et sa femme sont sous le choc, aussi parce qu’ils apprennent que les dirigeants actuels de la communauté savaient et ont volontairement couvert l’affaire. Par la suite, un autre membre du Foyer est également dénoncé pour des agressions sexuelles. En parallèle, Philippe, par le biais d’un livre, découvre que Marthe Robin est accusée d’avoir fait passer des textes de mystiques du XIXᵉ siècle pour des paroles qu’elle aurait directement reçues de Jésus. Pour Philippe, toutes ses certitudes s’effondrent : à cause de ces scandales successifs, il ne croit plus ni en l’institution, ni en Dieu. “ C'est comme une gigantesque tour de Kapla : tu as enlevé le petit Kapla qui tenait tout et le reste s’écroule.”
La famille traverse alors une période difficile de distanciation progressive du catholicisme, chaque membre se détachant à son rythme. Philippe, lui, cesse d’un coup de pratiquer, tandis que sa femme, qui a toujours la foi, tente de faire bouger les choses, en vain. “Elle écrit aux gens, les confronte et va leur parler. Elle se prend des murs et des coups, mais rien ne bouge."
De son côté, Zoé, la deuxième des enfants, alors âgée de treize ans, réagit de façon assez brutale. Élevée dans la foi catholique, elle considère la religion comme le ciment de sa vie familiale, même si elle est dès son enfance traversée de doutes quant à l’existence de Dieu. “ Je n'ai jamais réussi à croire complètement et à ressentir des choses. J’avais l’impression que je n’étais pas une assez bonne chrétienne et que donc c’était moi le problème.”
Lorsque les divers scandales éclatent, Zoe est profondément ébranlée.
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