Arrêt du travail au-delà de 35°C, calcul de l'humidité, chômage partiel, congés climatiques: comment font nos voisins européens pour protéger les salariés de la chaleur
Espagne, Italie, Grèce, Allemagne... Chez nos voisins européens, les législations divergent, avec plus ou moins d'efficacité, pour tenter d'adapter le travail aux chaleurs extrêmes et aux canicules à répétition, et pour protéger la santé des salariés. Une fois de plus, la France subit une vague de chaleur intense, qui touche la quasi-totalité du pays, avec 78 départements placés en vigilance orange canicule par Météo-France mercredi 12 août. Les maximales seront de l'ordre de 36°C à 40°C dans ces territoires.
Dans ce contexte, travailler dehors peut se transformer en véritable calvaire. Surtout si on exerce un métier physique. Pour encadrer le travail sous canicule, la France s'est dotée en 2025 d'un décret chaleur . Il prévoit que les employeurs renforcent les mesures de protection pour les travailleurs, en fonction des niveaux de vigilances météo, mais ne prévoit pas de température maximale au-delà de laquelle on ne pourrait plus travailler.
Mais face à la multiplication des vagues de chaleur, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou a appelé à s'inspirer des pays d'Europe du Sud et notamment de l'Espagne , pour trouver des solutions. L'occasion de faire un tour d'horizon de l'encadrement du travail sous canicule chez nos voisins européens.
Citée en exemple, la législation espagnole définit depuis les années 1990 un cadre pour le travail en cas de forte chaleur. Elle prévoit par exemple que la température dans les espaces fermés ne doit pas dépasser 27°C pour un travail sédentaire - une règle pas toujours respectée, notamment dans les établissements scolaires. Depuis 2023, la réglementation oblige aussi les employeurs à mettre en place un protocole spécial en cas d'alertes orange et rouge émises par l'agence météorologique nationale, comprenant la modification des horaires de travail si les autres mesures de protection ne sont pas suffisantes. Dans certaines régions et villes, le système de la journée continue permet de décaler les horaires pour terminer le travail au plus tard à 15h, dans le BTP notamment, mais tous les travailleurs sont loin d'être concernés. Depuis les inondations meurtrières de 2024 à Valence , l'Espagne accorde également jusqu'à quatre jours de congé qui permettent de ne pas venir travailler en cas de phénomènes météorologiques défavorables. Mais selon Carmen Mancheño, du syndicat Commissions ouvrières (CCOO), ils sont difficiles à mettre en place dans la pratique, car, en principe, une vague de chaleur n'empêche pas de se rendre sur son lieu de travail.
En Italie, une plateforme numérique baptisée Worklimate a été lancée pour permettre aux employeurs d'évaluer chaque jour le niveau de risque thermique auquel sont exposés leurs salariés en prenant en compte la température, le taux d'humidité, le vent et le rayonnement du soleil (indice WBGT), avec quatre niveaux de risque, du vert au rouge. L'employeur peut ajouter l'intensité du travail. Expérimenté depuis 2023, cet outil est désormais utilisé dans certaines régions pour imposer des mesures contraignantes.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.