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Environnement. Feuilles mortes, arbres brunis... pourquoi certains paysages prennent déjà des airs d’automne

Le Progrès ·
Environnement. Feuilles mortes, arbres brunis... pourquoi certains paysages prennent déjà des airs d’automne

En plein mois d’août, certains paysages prennent des airs d’automne. Un phénomène baptisé « faux automne », provoqué par les fortes chaleurs et le manque d’eau.

Dans les massifs forestiers comme dans les rues de nombreuses villes, le spectacle interpelle. En plein mois d’août, des arbres prennent des teintes orangées et de nombreuses feuilles mortes jonchent déjà les sols. Loin d’annoncer un automne précoce, ce phénomène est le résultat des fortes chaleurs et du manque d’eau qui frappent les végétaux. Un mécanisme de défense qui permet aux arbres de survivre, mais qui pourrait aussi les fragiliser durablement. Il n’y a qu’à se balader en forêt ou même dans les centres-villes végétalisés pour constater que l’été a déjà pris des airs d’automne. Des arbres jaunissent, d’autres brunissent et les feuilles s’accumulent prématurément au sol. L’Office national des forêts (ONF) parle de « faux automne ». « C’est une combinaison des épisodes de canicule à répétition, un été extrême en termes de température , et un déficit de précipitations important qui s’est même creusé au fil de l’été », explique Cyrille Duchesne, météorologiste à La Chaîne Météo.

Les vagues de chaleur et la sécheresse privent les arbres de l’eau dont ils ont besoin. Pour limiter leurs pertes, ils mettent alors en place une véritable stratégie de survie. « L’arbre est un être vivant, il respire comme nous, et a ce qu’on appelle des stomates, des pores au niveau de ses feuilles. C’est une surface qui lui permet de transpirer. Ce qu’il se passe lorsqu’il fait très chaud et très sec, c’est que petit à petit les réserves en eau à la surface du sol s’épuisent. « Donc, il n’a plus assez d’eau pour évaporer et l’arbre, par réflexe, va fermer ses stomates pour économiser un maximum d’eau », détaille Cyrille Duchesne.

Aussi, ses feuilles se rétractent, s’assèchent puis finissent par tomber avant leur échéance naturelle. À Paris, des feuilles mortes recouvrent déjà certains trottoirs alors que les températures restent estivales. « Les feuilles par terre, c’est la conséquence des coups de chaleur de ces derniers mois. L’arbre se met en repos, en protection », résume Amaury Pollet, responsable du pôle sylvicole de la mairie de Paris.

« C’est surtout le cas pour les arbustes les moins résistants, ou les arbres les plus vulnérables. En milieu urbain, notamment en région parisienne, c’est encore plus le cas parce que dans les agglomérations on a encore moins de réserves en eau, on a beaucoup de ruissellements. Les sols se dessèchent encore plus vite et en plus la chaleur y est plus importante qu’en campagne, donc on a un phénomène accru », abonde Cyrille Duchesne.

Si cette réaction permet à l’arbre de limiter les dégâts à court terme, elle a aussi des conséquences sur sa croissance. Les feuilles jouent en effet un rôle essentiel dans la photosynthèse, qui permet notamment de capter et de stocker du carbone. Avec une partie de son feuillage perdue prématurément, l’arbre produit donc moins de réserves. Sur le long terme, il ne produit ainsi pas de bois et devient plus vulnérable aux maladies et aux parasites.

Pour autant, les spécialistes se veulent prudents.

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