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« Israël-Palestine : la France doit rester le moteur européen de la solution à deux États »

La Croix ·
« Israël-Palestine : la France doit rester le moteur européen de la solution à deux États »

La France occupe une place particulière dans la recherche de la paix au Proche-Orient. Depuis plusieurs décennies, Paris compte parmi les capitales européennes les plus engagées en faveur du droit des Palestiniens à l’autodétermination et à disposer de leur propre État.

Cette position ne procède pas d’un choix de la Palestine contre Israël. Elle repose sur une conviction plus profonde : il ne peut y avoir de paix durable sans sécurité pour Israël, mais cette sécurité ne peut être durable sans reconnaissance des droits politiques et nationaux des Palestiniens, au premier rang desquels leur droit à un État.

C’est cet équilibre qui donne au rôle français sa singularité. Membre permanent du Conseil de sécurité et puissance centrale de l’Union européenne, la France entretient des relations historiques avec le monde arabe, tout en étant liée à Israël par d’importantes relations politiques, économiques et culturelles.

Cette combinaison lui confère une capacité particulière à dialoguer avec Palestiniens, Israéliens, Européens et États arabes. La reconnaissance de l’État de Palestine par la France , en septembre 2025, a encore renforcé cette position. Mais l’importance du rôle de Paris va au-delà de la reconnaissance : elle réside dans sa capacité à mobiliser son poids politique et diplomatique pour préserver les conditions d’une paix fondée sur deux États.

La question palestinienne ne peut être dissociée de l’avenir du Proche-Orient. La création d’un État palestinien indépendant et viable ne concerne pas seulement les Palestiniens et ne constitue pas uniquement la concrétisation du droit d’un peuple à l’autodétermination : elle peut devenir l’une des clés de la stabilité régionale.

Passer d’un conflit israélo-palestinien sans horizon politique à un règlement juste pourrait ouvrir une nouvelle séquence régionale, dans laquelle la coopération, la sécurité et le développement prendraient davantage de place que la gestion permanente des crises.

Les conséquences d’une paix israélo-palestinienne ne s’arrêteraient pas aux frontières d’Israël et de la Palestine. La réussite de la solution à deux États pourrait ouvrir la voie à de nouvelles formes de coopération économique et sécuritaire. À l’inverse, sa disparition laisserait Palestiniens et Israéliens face à un conflit indéfini dont les répercussions continueraient à affecter l’ensemble de la région.

Lorsque la France défend la création d’un État palestinien, elle défend ainsi une vision plus large : une Palestine viable, un Israël en sécurité et une région capable de passer progressivement de la gestion du conflit à la construction de la paix.

C’est dans cette perspective que la continuité du partenariat entre la France et l’Arabie saoudite autour de la solution à deux États prend tout son sens.

Le processus franco-saoudien qui a conduit à la déclaration de New York a montré qu’il était possible d’associer le poids européen de la France à l’influence arabe et régionale de l’Arabie saoudite.

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