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« Deux ans et demi pour autoriser un data center IA en France » : le patron d’Iliad (Free) veut aller plus vite

Numerama ·
« Deux ans et demi pour autoriser un data center IA en France » : le patron d’Iliad (Free) veut aller plus vite

Il n’y a pas que le rachat de SFR dans la vie du groupe Iliad. Le 27 août 2026, lors de la conférence de presse consacrée à ses résultats du premier semestre, la maison mère de Free a évoqué un autre sujet : l’intelligence artificielle et les infrastructures réseau qui vont avec.

Iliad ne détaille pas les revenus de Scaleway, sa filiale cloud, ni ceux de Kyutai, son laboratoire de recherche. Le groupe se contente d’un indicateur : son activité cloud a toujours 50 % de croissance. Le reste du discours porte sur les data centers dédiés à l’IA que le groupe veut construire en France. Les terrains sont sécurisés, l’électricité aussi. Ce qui bloque est purement administratif.

Avec Scaleway, le groupe Iliad propose une alternative française aux géants du cloud comme Google ou AWS. Plusieurs partenariats ont déjà été signés, mais un des principaux enjeux actuel est de sécuriser l’infrastructure capable de s’adapter aux besoins de demain. C’est justement le rôle d’Opcore, la coentreprise détenue à parts égales par Iliad et le fonds InfraVia.

Iliad indique avoir sécurisé deux emplacements en France pour y installer des centres de calcul dédiés à l’IA. Le plus emblématique est le site de l’ancienne centrale thermique EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine, en Seine-et-Marne : 20 hectares, un raccordement électrique autorisé pouvant atteindre 700 MW, et un investissement annoncé autour de 4 milliards d’euros fin 2025.

Mais Iliad a un problème : pour le moment, il ne peut même pas « poser la première pierre ». Le déploiement d’ un data center dédié à l’intelligence artificielle sur le sol français demande, d’après le groupe, « entre deux ans et deux ans et demi d’autorisations administratives, même en l’absence de recours » . Deux ans avant de pouvoir commencer à construire, sans qu’aucun opposant ne se manifeste. Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad, avait déjà alerté sur ce point en début d’année, en expliquant qu’un projet à plusieurs milliards d’euros pouvait nécessiter jusqu’à trois ans de procédures en France. Aux États-Unis, des centres de calcul de taille comparable sortent de terre en moins d’un an.

Interrogé sur ce point lors d’une séance de questions-réponses, Iliad a formulé deux propositions :

Les cycles de l’IA n’ont rien à voir avec ceux des télécoms ou de la tech traditionnelle. Un réseau mobile se déploie sur dix ans, une génération de modèles se périme en six mois. Dans ce contexte, deux ans de retard administratif ne se rattrapent pas : le temps que le premier data center français ouvre, le marché aura changé deux ou trois fois de forme, rendant parfois caduques certains projets. Le risque est de laisser l’avantage aux Américains en étant trop procéduriers.

Le 13 octobre 2026, Iliad organisera ai-PULSE, la conférence organisée chaque année par Scaleway. Le groupe suggère que des annonces seront faites à cette occasion, notamment autour de Kyutai, le laboratoire de recherche financé par Xavier Niel .

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