Pleurée par Trump et Mamdani, comment Dolly Parton est devenue l'icône unificatrice d’une Amérique divisée
Existe-t-il une icône aussi réconciliatrice que Dolly Parton ? Fervente pentecôtiste, "redneck" alliée des personnes queers et féministes et soutien des luttes antiracistes, la légende de la country était devenue un syncrétisme de toutes les Amériques, traditionalistes comme progressistes. Elle incarnait surtout le rêve américain, revendiquant, avec orgueil, ses racines paysannes du Tennessee - elle, l'enfant pauvre d'une famille de douze enfants, devenue star planétaire et milliardaire.
Si la chanteuse s'est souvent mêlée des grands débats agitant l'Amérique, avec son humour et son franc-parler bien à elle, elle a toujours choisi de rester à l'écart du jeu politique. Il n'est ainsi pas étonnant que les États-Unis tout entiers pleurent la mort de leur légende , décédée à 80 ans, des suites d'un cancer, mardi 25 août.
Preuve en est, à l'annonce de sa mort, les drapeaux américains ont été mis en berne sur tous les édifices publics pour une semaine. À la manière d'un hommage à une grande figure d'État, le président américain Donald Trump a ordonné cette disposition pour "l'une des plus grandes chanteuses de country, et bien plus encore, de TOUS LES TEMPS", comme il l'écrit, sur son réseau social Truth Social.
Fait rare, la classe politique fait montre d'une rare unanimité. "Difficile d'imaginer beaucoup de gens ayant eu un impact plus grand que Dolly Parton (...) Quelle vie", a ainsi réagi l'ex-président démocrate Barack Obama , saluant son ascension et ses engagements caritatifs. Dolly Parton "était une personne extraordinaire et une défenseure irremplaçable de la classe ouvrière", a, quant à lui, réagi Zohran Mamdani , le maire socialiste de New York.
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Des hommages unanimes de tous bords pour une personnalité qui fuyait la politique. Dolly Parton aurait pu être une égérie du camp républicain - la country étant historiquement très conservatrice. Elle aurait pu aussi se faire le chantre du progressisme et de l'acceptation - elle qui a pris la parole à plusieurs reprises à ce sujet. Il n'en est rien.
La star a toujours eu l'intelligence de ne pas se laisser enfermer dans une orientation politique. Une manière, disait-elle, de ne laisser aucun fan sur le côté - son public très large rassemblant tout le spectre politique. Sur une chaîne de télévision du Tennessee, elle affirme: "Pas de meetings politiques pour moi. Je dis toujours pour plaisanter: mon papa était républicain, ma maman était démocrate, et moi je suis une 'hypocrite'".
Raison pour laquelle, en 2016, après des propos interprétés comme un soutien à Hillary Clinton face à Donald Trump pour la Maison Blanche, la chanteuse aux onze Grammys avait tenu à rectifier le tir dans un communiqué, affirmant ne soutenir ni la démocrate, ni le républicain. Le tout, à sa manière.
Habilement, Dolly Parton avait refusé à deux reprises la Presidential Medal of Freedom - équivalent de la Légion d’honneur en France - que Donald Trump lui avait proposée.
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