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Anna-Victoria Politkovskaïa, petite-fille de la journaliste Anna Politkovskaïa

France Culture ·
Anna-Victoria Politkovskaïa, petite-fille de la journaliste Anna Politkovskaïa

Vingt ans après l’assassinat à Moscou d’Anna Politkovskaïa, journaliste critique du Kremlin et témoin de la guerre en Tchétchénie, ses commanditaires restent inconnus. Sa petite-fille Anna-Victoria, 19 ans, perpétue aujourd’hui sa mémoire et porte sa voix à travers le monde.

C’était il y a vingt ans, à Moscou. [Le 7 octobre 2006, jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine] Anna Politkovskaïa était assassinée dans la cage d’escalier de son immeuble. Les commanditaires n'ont jamais été identifiés ni jugés. La journaliste de Novaïa Gazeta, voix critique du pouvoir russe, s’était notamment fait connaître pour ses reportages sur la guerre en Tchétchénie. Et il y a comme un vertige à la relire, tant les similitudes avec la guerre en Ukraine aujourd’hui sont nombreuses.

À 19 ans, Anna-Victoria Politkovskaïa, la petite-fille de la journaliste, n’a jamais connu sa grand-mère mais elle continue aujourd’hui à porter sa voix à travers le monde.

Ce qui frappe d’abord chez Anna-Victoria Politkovskaïa, c’est sa ressemblance avec sa grand-mère : elle a le même regard déterminé, derrière de fines lunettes. Pull bordeaux, chemise blanche, la jeune femme brune –polyglotte, qui parle français mais préfère s’exprimer en anglais- étudie les sciences politiques à Amsterdam.

Anna-Victoria Politkovskaïa était de passage il y a quelques jours à Paris pour un hommage à sa grand-mère aux côtés de l’association Russie-Libertés Ouverture dans un nouvel onglet :

" C'était une personne incroyablement courageuse, et incroyablement forte. Elle fait partie des personnes que j'admire le plus, même si nous ne nous sommes jamais rencontrées dans la vie."

Sa mère, Vera, la fille d’Anna Politkovskaïa, était enceinte au moment de la mort de la journaliste : " Deux jours avant son assassinat, elle est venue voir ma mère et lui a demandé de me donner son prénom. Ce fut un de ses tous derniers souhaits."

Un prénom, et un nom très difficiles à porter dans une Russie de plus en plus autoritaire. Anna-Victoria dit en avoir souffert dès son entrée à l’école. La situation empire l’année de ses 15 ans, en février 2022, quand la Russie envahit l’Ukraine :

" La guerre, c’est bien… C'est bien que Vladimir Poutine ait envahi l'Ukraine, parce que l'Ukraine, c'est la Russie, tout ça... J'entendais ça à l'école ! Mais bien sûr, je levais la main et je disais : "Vous avez tort ! Parce que ma grand-mère disait toujours que la guerre, c'est mal. Et moi aussi, je pense que toute guerre est une mauvaise chose !" . Peu après, j'ai commencé à recevoir des menaces sur mon téléphone. On m'a dit les yeux dans les yeux que si je n'arrêtais pas de parler de la guerre, je finirais comme ma grand-mère, qu'ils brûleraient ma maison, qu'ils me retrouveraient et qu'ils me condamneraient à de la prison. "

Et le coup de massue vient de celui qu’elle considère comme son meilleur ami, son ami d’enfance, quand elle lui annonce qu’elle va devoir quitter la Russie.

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