Pour être plus heureux, vous devriez tester la liste inversée de choses à faire avant de mourir
Saut en parachute : OK ; visiter Venise : OK ; courir un semi-marathon : OK ; voir des aurores boréales : OK ; conduire une voiture de sport : OK… Voici à quoi peut ressembler une bucket list , une liste de choses à faire avant de mourir. Celui qui la dresse inscrit les actions qu’il regretterait de ne pas avoir effectuées avant la fin de sa vie. Un procédé popularisé par le scénariste américain Justin Zackham dans les années 2000, avec le film Sans plus attendre ( The Bucket List en version originale), avec Jack Nicholson et Morgan Freeman. Le scénario : deux hommes condamnés par la maladie décident de quitter l’hôpital pour vivre de nouvelles expériences.
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Si l’idée peut être un bon moyen pour se décider enfin à passer à l’action, elle peut aussi reposer sur un mécanisme néfaste, alerte Arthur C. Brooks, chercheur en bonheur à Harvard. Il s’en est expliqué dans un podcast, relayé par le site Upworthy , en 2024. Selon lui, ce type de liste introduit cette équation : désir + ambition + fixation d’objectifs + efforts nécessaires = vie réussie et heureuse. Confrontée au réel, celle-ci ne tient toutefois pas toujours. L’universitaire en a fait l’expérience. À 50 ans, il a redécouvert les objectifs qu’il s’était fixés dix ans plus tôt. « J’ai regardé cette liste de mes 40 ans et je me suis rendu compte que j’avais tout coché. Et j’étais moins heureux à 50 ans qu’à 40. »
Il développe : « C’est un problème à la fois neurophysiologique et psychologique. Je faisais l’erreur de croire que ma satisfaction viendrait du fait de posséder davantage. Or, la vérité est que la satisfaction durable et stable, celle qui ne s’évapore pas en un instant, s’obtient en comprenant que la satisfaction est le rapport entre ce que l’on possède et ce que l’on désire… On peut accroître sa satisfaction temporairement et maladroitement en possédant plus, ou durablement et sereinement en désirant moins. »
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Alors faut-il en terminer avec les listes ? Le monsieur bonheur d’Harvard, qui nous a déjà livré quelques pistes pour vivre mieux , propose plutôt de renverser la logique. « Je sais que ces choses vont me venir à l’esprit comme des objectifs naturels. Mais je ne veux pas en être prisonnier. Je veux les maîtriser » , explicite-t-il. Il s’agit de noter l’objectif, puis d’avoir une réflexion dessus et de tout barrer. « Quand je les écris, je reconnais que j’en ai le désir. Quand je les raye, je reconnais que je ne m’attacherai pas à cet objectif. » Le fait de rayer chaque ligne ne conditionne pas le fait de réaliser ou non les choses, il s’agit de se mettre en tête que le bonheur sera déconnecté de ces accomplissements.
Upworthy mentionne que l’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle et qu’elle se rapproche « de nombreuses traditions spirituelles » associées au bouddhisme. Citons aussi Schopenhauer : « Tout vouloir procède d’un besoin, c’est-à-dire d’une privation, c’est-à-dire d’une souffrance.
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