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Technologie

Amazon a utilisé Twitch comme réservoir de données pour son IA, ce créateur riposte en justice

Clubic ·
Amazon a utilisé Twitch comme réservoir de données pour son IA, ce créateur riposte en justice

Un streamer vient d’attaquer Twitch et Amazon en justice, les accusant d’avoir siphonné ses contenus pour entraîner leurs intelligences artificielles génératives. Le tout, évidemment, sans demander son avis. Une affaire qui commence à résonner dans l’écosystème de l’IA.

Warren Pandiscia, modeste créateur de contenu de 900 abonnés sur Twitch, risque de devenir le cauchemar d’Amazon, qui a racheté la plateforme pour 970 millions de dollars en 2014. En effet, le 12 août dernier, cette dernière ajoutait discrètement un réglage permettant de refuser (opt-out) que son contenu serve à l’entraînement des IA. Une annonce qui, selon lui, est arrivée bien trop tard.

Car en réalité, l’exploitation des contenus des créateurs ne daterait pas d’hier : elle aurait débuté dès 2024, soit bien avant toute communication officielle. Dans sa plainte, consultée par Courthouse News , échafaudée en temps que recours collectif pour que d’autres puissent s’y joindre, le plaignant dénonce surtout la manière dont Twitch a construit son dispositif de désinscription.

En effet, le choix se fait par chaîne et non par utilisateur, un créateur ayant refusé que ses vidéos soient exploitées peut donc quand même s’y retrouver s’il intervient sur le stream de quelqu’un d’autre. De quoi rendre impossible le recueil du consentement de toutes les personnes filmées ou entendues lors d’un direct comptant plusieurs participants. « Si c’était opt-in, personne ne l’activerait », a d’ailleurs admis Mike Minton, chef produit de Twitch. Une déclaration qui ne laisse que peu de doute sur l’intention de la société…

D’après Pandiscia, Twitch a non seulement aspiré le contenu pour en faire un jeu de données massif au service des produits IA commerciaux d’Amazon, mais elle a également rompu ses engagements envers les créateurs. Il réclame une injonction pour faire cesser cette pratique, ainsi que des dommages et intérêts, et la restitution des profits que le géant de l’e-commerce aurait tirés de l’utilisation de son travail.

Pas une première Cette affaire fait bien entendu penser à un autre cas récent, lorsque, plus tôt cette année, trois YouTubeurs ont attaqué Apple en justice pour des motifs similaires. C’est la même logique qui se dessine : les créateurs découvrent, souvent après coup, que leur travail a servi de matière pour des technologies commerciales sans qu’ils aient leur mot à dire.

Cela interroge évidemment sur la manière dont les grandes plateformes conçoivent leurs outils de consentement. Car opter pour un système activé par défaut, plutôt qu’un accord explicite, permet de maximiser la quantité de données disponibles tout en minimisant les refus. Pratique, mais pas très éthique… Reste à voir de quel côté la justice penchera.

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