Les revers de l’interventionnisme étatsunien : Séisme au Venezuela, la Maison-Blanche face à ses responsabilités
Aux premières loges de la crise au Venezuela après avoir mis le pays sous tutelle, les États-Unis peinent à réagir depuis le séisme dévastateur de juin. Dans quelle mesure Washington participe-t-il aux efforts de reconstruction et d'aide humanitaire face au régime de Caracas ?
Maître de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen et chercheur à l'ÉRIAC
Architecte-urbaniste, chargée de recherche à l’école nationale d’architecture Paris Val-de-Seine (ENAPVS)
Le double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin – d'une magnitude allant jusqu'à 7,5 – a fait plus de 6 500 morts selon les derniers chiffres officiels. Le nombre de disparus reste inconnu et des corps sont encore extraits des décombres. Dans l'État côtier de La Guaira, le plus touché, des milliers de sinistrés survivent dans des camps de fortune, privés d'électricité et de services essentiels. Cette catastrophe humanitaire frappe un pays déjà dévasté par des années de sanctions et sous tutelle américaine depuis la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier dernier. Alors que Delcy Rodríguez et Donald Trump ont annoncé la signature, le 28 août, du « plus grand accord pétrolier de l'histoire », selon les mots du président américain, Washington ne peut plus se contenter d'exploiter la manne énergétique nationale. Désormais comptable de la viabilité de l'État vénézuélien, l'administration américaine offre pourtant une réponse jugée très insuffisante par la population : l'aide promise se limite à 300 millions de dollars et à l'envoi de secours militaires.
Alors que l'économie s'effondre et que les coupures de courant et d’eau paralysent le quotidien, les Vénézuéliens voient d'un œil critique la captation de leurs ressources naturelles par des compagnies états-uniennes, sans que la reconstruction ne s'amorce réellement. Sur le plan politique, l'urgence humanitaire sert de prétexte pour paralyser la transition démocratique. Alors que la Constitution imposait la tenue d'élections avant le 3 juillet pour pallier l'« absence absolue » de président, Delcy Rodríguez et Washington ont laissé passer l'échéance tout en bloquant le retour de l'opposante María Corina Machado. Si la libération de prisonniers politiques et la reprise du dialogue entre le pouvoir et l'opposition constituent des avancées, le blocage institutionnel demeure.
Dans quelle mesure les États-Unis peuvent-ils maintenir cette tutelle sans assumer la reconstruction du pays ? Comment la population vénézuélienne réagit-elle face à la captation de ses ressources pétrolières dans ce contexte de dénuement ? Enfin, quelles sont les perspectives politiques pour le pays, écartelé entre l'espoir d'une transition et le spectre d'un État failli ?
Avec Yaneira Wilson , architecte-urbaniste, maîtresse de conférence à l'ENSA Paris Val de Seine.
Depuis le séisme de juin, près de 18 000 personnes se sont retrouvées sans abri au Venezuela. L’État de La Guaira, le plus touché, avait déjà été endeuillé par des inondations en 1999. Face au retour des camps de tentes, les autorités ont lancé des programmes de reconstruction financés par l'aide internationale.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.radiofrance.fr — le contenu appartient à France Culture.